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CRISE POLITIQUE - 8e vendredi de manifestations contre le système

La mobilisation inébranlable à Tizi

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Une mobilisation sans relâche, pour le 8e vendredi de marche, afin d’exprimer une volonté inébranlable d’aller au bout de la protestation enclenchée le 22 février dernier. Le mot d’ordre, toujours le même : le départ du système et un refus de toutes les solutions préconisées par les tenants du pouvoir, notamment les dernières en date. La population de Tizi-Ouzou, hommes et femmes, est plus que jamais déterminée.

Le verdict est tombé hier. «Ulaç l’vote ulaç», «Système dégage», «Non à Bensalah, Non à Gaid Salah», a-t-on scandé. L’application de l’article 102 qui a abouti à la désignation de Bensalah comme chef de l’Etat n’a pas eu l’aval du peuple à Tizi-Ouzou. Celui-ci l’a exprimé vivement et énergiquement à travers des pancartes, affiches et banderoles, tout au long de la marche qui s’est ébranlée du portail de l’université Hasnaoua vers 13h00, empruntant l’itinéraire traditionnel de toutes les marches, allant vers la place de la Bougie.

«L’article 102, on coupe une main et on continue, le peuple vous dit tout le corps est gangréné, dégagez», lisait-on. «Le peuple c’est le pouvoir et il est au-dessus de toutes les Constitutions», «La phase de transition sera composée de civils qui ne sont pas impliqués dans des affaires de corruption et qui n’ont pas soutenu le régime», «Le peuple veut le changement du système pas le changement dans le système», «Le système a prouvé son échec, dégage !», «Dans la vie, il ne faut jamais lutter contre les hommes, il faut lutter contre le système», «Primauté du politique sur le militaire», pouvait-on encore lire.

Le nouveau chef de l’Etat, Bensalah, n’a pas eu l’aval du peuple : «Bensalah dégage», «On demande une transition hors système, rien de plus simple», «Nous refusons d’être gouvernés par les acolytes du système actuel et nous réclamons le départ du gouvernement mort-né», «Le sort de notre pays est entre nos mains et ne peut être en sécurité qu’entre les mains d’un gouvernement du peuple».

La décision d’aller vers une élection présidentielle au mois de juillet a elle aussi suscité la réaction des marcheurs, nombreux à brandir des pancartes exprimant un refus catégorique : «Non à l’élection du 4 juillet», «Présidentielle : le peuple dit non»; «Présidentielle : on ne se laissera pas faire». Le général, chef de l’état-major a lui aussi été ciblé par les manifestants : «Gaid Salah dégage», «Le peuple est au-dessus de la Constitution ya Gaid Salah», «Gaid Salah tendez votre main à votre peuple», «57 ans ça suffit, la main étrangère c’est vous et votre système», lisait-on sur les banderoles. Encore une fois, une ambiance joyeuse et sereine a régné hier dans les rues de Tizi-Ouzou.

Aucun dispositif sécuritaire particulier et aucun incident n’a été signalé. Depuis Tizi-Ouzou, les manifestants ont dénoncé la répression policière à Alger, enregistrée notamment en cours de semaine contre les étudiants et les syndicalistes : «La police au service du peuple. Non à la répression !», « Khaoua Khaoua Yal Policier arwah m3ana». Dans un décor vert blanc et rouge, la foule n’a cessé de hurler : «Système dégage», «Y en a marre de ce pouvoir», «Leblad bladna wendirou Rayna».

Les marcheurs ont promis de poursuivre la mobilisation et ne pas s’arrêter jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications : «On ne lâchera rien», «On va continuer», «Seule la lutte paie», « El Nidhal Wa nidhal hatta Yasqot El Nidham», a-t-on crié à en perdre la voix.

Kamela Haddoum.