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TIZI OUZOU - Plus de six ans après le lancement du programme AADL2

«Le bout du tunnel est encore loin…»

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Les souscripteurs sur le programme AADL2 ne verront pas de sitôt leurs logements. Pas avant au moins 10 ans, si la situation continue dans les conditions actuelles, s’est alarmée, hier, la présidente de l’association des souscripteurs. Intervenant sur les ondes de Radio Tizi-Ouzou, Mme Djouaher Saliha, présidente de l’association des souscripteurs AADL2, a dressé un tableau noir de la situation, pointant du doigt un «manque de volonté» quant au règlement des problèmes qui retardent l’achèvement du projet. «Le programme AADL2, lancé en 2013, était une lueur d’espoir pour 12 400 souscripteurs inscrits pour acheter un logement dans cette formule.

Aucun d’entre eux, sans doute, n’avait imaginé qu’après plus de six ans il se retrouverait à la case de départ», a-t-elle regretté. L’intervenante, expliquant l’état des lieux, a tiré la sonnette d’alarme sur le blocage que subissent les chantiers à l’arrêt. «Le programme AADL2 dans la wilaya de Tizi-Ouzou est réparti sur deux quotas. Le premier de 5 700 logements, le second de 8 000 logements», a-t-elle rappelé. Sur le premier quota, les travaux sont lancés pour 3 700 logements. Pour ce qui est du second quota, les travaux sont ou à l’arrêt ou n’ont pas encore démarré», a-t-elle détaillé.

Donnant l’exemple des 2 500 logements prévus à Bouzeguène, qui furent délocalisés de Fréha suite aux oppositions, la présidente de l’association a indiqué que ce site est actuellement bloqué, toujours à cause des oppositions. L’état d’avancement du programme, selon Mme Djouaher, sur les sites lancés, était appréciable, notamment les 200 logements de Tamda, les 1 000 de Draâ El Mizan, les 1 000 du pôle d’excellence, les 500 d’Aghribs et les 1 000 logements d’Azazga, «avant le problème enregistré entre l’entreprise chinoise et les citoyens de la région qui a fait que le chantier soit actuellement bloqué», fait-t-elle savoir.

«Il n’y a pas un travail sérieux…»

Pour ce qui des problèmes majeurs rencontrés sur ces chantiers et qui font que le programme prend du retard, Mme Djouaher a parlé du foncier, affirmant qu’il y a, à l’heure actuelle, «des souscripteurs qui ont payé des tranches pour des sites inexistants». Un autre problème cité par la présidente de l’association des souscripteurs, ce sont les oppositions. À ce propos, elle a exprimé son incompréhension, dénonçant une gestion «pas sérieuse du choix des terrains». «Il n’y a pas eu un travail sérieux dans le choix des terrains. Ce n’est pas normal qu’ils nous donnent des terrains pour le programme AADL et qu’on découvre à la fin qu’ils appartiennent à des gens, qu’ils sont accidentés ou qu’il y a un glissement…».

Mme Djouaher a souligné «l’énorme travail» fait par l’association qu’elle préside. Plus de 100 réunions avec les différents responsables. «Depuis trois ans, on se réunit avec eux, on dresse des constats, on nous fait des promesses, mais rien de concret… Après, retour à la case départ. Les solutions ne suivent pas. On ne veut pas revivre le cauchemar de 2001. On ne veut plus de constats. On est en 2019 et on discute encore de choix de terrains», s’indigne-t-elle. Pour Mme Djouaher et l’association, le manque de volonté pour régler certains problèmes est «flagrant» chez les responsables : «Ils doivent prendre des décisions et trancher par apport à ce programme», dira-t-elle.

«L’AADL nous dit qu’elle peut juste intervenir sur les problèmes techniques. Pour les oppositions, c’est le wali qui doit trancher et prendre des décisions, nous a-t-on indiqué. Il n’y a pas quelqu’un qui veuille assumer une prise de décisions, ils se rejettent tous les responsabilités !», dénonce-t-elle. «Chacun doit assumer ses responsabilités», plaide-t-elle. Et de s’interroger : «Si les personnes qui font opposition sont dans leur droit, qu’ils leur rendent leurs terrains et qu’ils nous en cherchent d’autres, qu’ils s’assurent que ces terrains soient domaniaux ! Sur 67 communes, ils n’en ont cadastré que 24 ! Comment savoir dans ce cas-là !».

La présidente de l’association des souscripteurs AADL2 fera par ailleurs savoir qu’«hier il y a eu remise de 1 000 pré-affectations. Celles-ci se font à base de la résidence», croit-elle savoir, d’après les déclarations de l’ex-ministre Temmar, en plus de l’inscription par ordre chronologique, soulignant que «l’association n’a aucune autorité dans le choix des sites et l’application de ces critères. Pour qu’il y ait des pré-affectations, il doit y avoir des sites et il y a eu quatre à ce jour. En 2013, c’est tout le monde qui a payé la première tranche, au choix du site tu payes la deuxième, certains ont payé la troisième».

La reproduction du scénario AADL 2001 redoutée…

L’avenir de ce programme, Mme Djouaher le voit «noir». Elle dit redouter le scénario de 2001 et n’exclut pas de ne pas voir ce programme aboutir «avant 10 ans, et encore !». «Plus on se réunit avec eux, plus on se rend à l’évidence que ce projet n’aboutira jamais (…) On ne verra jamais le bout du tunnel et là je m’adresse aux souscripteurs, et je suis désolée de le dire, mais je le dis par honnêteté vis-à-vis d’eux et pour qu’ils sachent ce qui se passe et où en est exactement la situation de leurs logements». «On a essayé de procéder d’une manière civilisée, mais ça ne donne pas de résultats, ça ne marche pas. Que faire alors dans ce cas ? La question reste posée», s’est-elle désolée.

Kamela Haddoum.