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MAKOUDA - Une femme décède suite à une morsure de serpent

Le centre de santé muré par les villageois

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Pris d’une colère, des citoyens de la commune de Makouda ont procédé, avant-hier, à la fermeture du centre de soins de leur circonscription après le décès d’une jeune femme de 30 ans qu’on n’a pas pu traiter d’une morsure de serpent. La jeune fille répondant aux initiales L. B. était âgée d’une trentaine d’années. Elle avait été mordue à la main par un serpent dans un champ d’oliviers, près de chez elle. Suite à quoi elle a alors été acheminée en urgence de son village Tinekachine vers cette structure située au chef-lieu de la commune. Mais «faute de moyens», et «sans avoir eu droit aux soins d’urgences ?» l’évacuée sera alors transférée vers l’hôpital de Tigzirt.

Malheureusement, la défunte finira par rendre l’âme après avoir sombré dans le coma suite à des complications. La nouvelle a alors rapidement fait le tour des villages et de la région. Ce qui a soulevé une large vague d’indignation et de consternation. La population de la région a alors vite réagi, en criant à la négligence. Quelques temps plus tard, des groupes de citoyens ont vite afflué vers le chef-lieu de Makouda et assiéger le centre de santé, où s’est formé un grand rassemblement. Spontanément sous la colère grandissante, les protestataires ont alors décidé de fermer l’établissement qui sera vite tagué des graffitis du genre «Abattoir», «Clinique de la mort»…

Les citoyens ont même utilisé des briques pour murer l’entrée principale de cette structure de santé. Les protestataires ont exigé des sanctions contre les responsables de la mort de la jeune fille et situer les auteurs de la négligence. Jusqu’à hier, c’était toujours la grande consternation dans la région et la colère se lisait sur les visages des villageois qui n’arrivaient pas encore à admettre qu’une des leurs meure des suites d’une morsure de serpent. À noter que ce centre de santé de Makouda situé au centre-ville était, de l’avis de tous, réduit depuis des années au strict minimum.

Par manque de moyens et de personnel qualifié la majorité des cas d’urgence sont réorientés systématiquement vers l’hôpital de Tigzirt. Dans certains cas, le même malade transféré à Tigzirt est encore une fois renvoyé vers le CHU de Tizi Ouzou, faute de moyens également. Un véritable calvaire qui, parfois, finit par un drame, comme cela vient de se produire.

Akli N.