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Vie partisane - En marge du mouvement populaire

Le FFS se déchire !

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La crise se complique chaque jour davantage au sein du plus vieux parti de l’opposition. Ainsi, après l’épisode houleux empreint de violence qui a marqué le rendez-vous du Conseil national prévu pour avant-hier matin, les deux camps en présence, avec d’un côté le coordinateur de l’instance présidentielle Ali Laskri et ses partisans et de l’autre, les cadres et militants contestataire s’entredéchirent.

En effet, au moment où dans le camp «des redresseurs» mené désormais par l’actuel P/APW de Béjaïa, désigné par ses pairs comme coordinateur d’un comité chargé de préparer le prochain congrès, du côté de l’instance présidentielle du parti on annonce une plainte contre les auteurs des violences commises avant-hier matin, devant et à l’intérieur du siège, à travers un communiqué diffusé avant-hier en début de soirée .

«Nous informons le peuple algérien, le mouvement citoyen, les militants du parti que le siège national du FFS où devait se tenir, aujourd’hui 13 avril, le Conseil National Extraordinaire convoqué selon les statuts du parti, a fait l’objet d’une attaque violente d’un groupe de Baltaguias, sans aucun lien organique avec le parti, pour empêcher la tenue de cette session qui visait, sur le plan politique, à renforcer le soutien du parti à la révolution citoyenne et sur le plan organique à adopter une feuille de route pour l’organisation du prochain congrès du parti.

Alors que la grande majorité des membres du Conseil National se sont inscrits pour participer à ce Conseil, dépassant le quota requis par les statuts, le groupe de Baltaguias a forcé les portes du siège, détruisant tout sur leur passage, les portes, le mobilier, saccageant les voitures et agressant les militants qui s’y opposaient. Derrière cette agression criminelle se cachent des forces hostiles à la position du parti en faveur du mouvement citoyen.

Face à ce coup de force et à ces agissements gravissimes, le FFS décide, après le constat des dégâts, de porter plainte contre les auteurs des dégradations et leurs commanditaires ; Fixe la prochaine session du Conseil National Extraordinaire à une date ultérieure, une fois réunies les conditions de sa tenue conformément aux statuts du parti ; Frappe de nullité toute rencontre, toute nomination, non conformes aux statuts du parti et toute décision n’émanant pas de l’Instance Présidentielle dans sa majorité, conformément à l’article 47 des statuts.

Le FFS appelle l’ensemble de ses structures (fédérations et sections), l’ensemble de ses militants et de ses élus à s’organiser et à s’unir face a ces manœuvres de déstabilisation qui ne visent qu’a neutraliser le parti, dans son combat politique au côté de la population pour le triomphe de son projet politique, l’élection d’une Assemblée Nationale Constituante pour l’avènement de la 2ème République» lit-on dans le communiqué signé par Ali Laskri, coordinateur de l’instance présidentielle.

De leur côté, les militants et cadre contestataires du parti soutiennent qu’une session extraordinaire du Conseil national du Front des forces socialistes (FFS) a été tenue avant-hier samedi dans l’après-midi à Alger et que le conclave a abouti à l’installation d’un «comité de coordination provisoire qui se chargera de la préparation du Congrès national ordinaire du parti et la consolidation de la lutte politique dans le cadre des principes fondamentaux du parti,» indique-t-on.

A l’issue des travaux de la session extraordinaire, les membres du Conseil national ont appelé à «intensifier les efforts et l’action en associant tous les militants pour l’organisation d’un Congrès national inclusif et démocratique», soulignant «l’impératif de l’installation de ce comité de coordination provisoire sous la supervision de Mehenna Hadadou en coordonnant le travail avec les autres membres du parti en vue d’arrêter la date de l’organisation, dans les brefs délais, du Congrès».

Au cours de cette rencontre, «la confiance a été retirée aux trois membres représentant l’Instance présidentielle du FFS, composée initialement de 5 membres, pour mauvaise gestion et dilapidation des deniers du parti» ainsi que pour «la politique d’exclusion et de marginalisation» et «la gestion unilatérale suivie jusque-là par ces trois membres». Pour rappel, des militants et cadres du parti, venant de différentes wilayas, avaient organisé au siège du parti un rassemblement pour dénoncer «la politique d’exclusion suivie par certains dirigeants du FFS à l’encontre des militants et cadres du parti».

Un violent épisode durant lequel Ali Laskri sera chassé du siège du parti. Pour sa part, le premier secrétaire national du parti, Hakim Balahcel a confirmé hier à travers sa page facebook sa démission de son poste. «J’informe les militants et les sympathisants du FFS et l’opinion publique en général, que j’avais démissionné hier de mon poste de premier secrétaire national du Front des Forces Socialistes .C’est une décision irrévocable ! J’ai pris cette décision, dénuée de toute contrainte ou de pression afin de préserver l’unité du parti et d’éviter l’irréparable à ses militants.

J’ai pris cette décision, non pas parce que ma nomination fut frappée d’ une quelconque entorse juridique ou statutaire, puisque je rappelle que je suis nommé dans le cadre de la collégialité et fort de l’appui de trois membres sur cinq qui composent l’instance présidentielle du FFS. Mais plutôt, pour empêcher de ternir d’avantage la réputation de notre cher parti. J’ai pris cette sage décision, que plusieurs auraient sans doute refusé de prendre, au détriment du FFS et au péril de ses militants !

(…) Durant plus d’un mois d’exercice, je me suis consacré pleinement et sincèrement et dans des conditions insoutenables, afin d’éviter à mon cher parti l’implosion et l’humiliation. (…) Aujourd’hui, notre parti malheureusement est arrivé à une situation dramatique, voir chaotique ! C’est un constat amer mais combien, réel. (…) Je refuse catégoriquement de m’inscrire en porte à faux avec mes principes chevillés, qui rejettent le clanisme, la violence d’où qu’elle vienne et les coups fourrés !

(…) J’invite les cadres du parti à la sagesse et à prioriser l’intérêt exclusif du FFS. J’invite aussi les militants du FFS à se mobiliser et à être vigilants pour empêcher la dislocation de leur parti et lui éviter surtout des affiliations douteuses et inavouées (…)», assène-t-il dans sa lettre aux militants.
Synthèse de Amar A