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RCD - Le P/APC de Mekla risque aussi de subir le même sort

Le maire de Bouzeguène radié !

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Le conseil communal du RCD à Bouzeguène a rendu publique, avant-hier soir, la décision de la levée de couverture politique pour le président de l’APC, Rachid Oudali. «Le conseil communal RCD Bouzeguène informe les citoyens de la localité qu’il est procédé à la levée de la couverture politique de M. Oudali Rachid, maire élu sur la liste RCD lors des élections municipales du 23 novembre 2017. De ce fait, l’intéressé ne peut plus agir et s’exprimer au nom de notre parti», lit-on sur la note d’information publiée par la section locale du parti. À propos de sa sanction, Rachid Oudali, président de l’APC Bouzeguène, déclare que «le retrait de confiance est une sanction très sévère !

La plus lourde qu’on puisse infliger à un élu. Cette sanction est justifiée dans les cas de corruption ou de dépassement grave qui porteraient atteinte à la réputation du parti, ce qui n’est pas mon cas. C’eût été justifiable si je ne payais pas mes cotisations, or, moi je suis à jour sur ce plan». Ce que reproche le RCD à l’élu, selon lui, c’est «la signature d’une missive adressée au président du RCD Mohcine Belabbas. On lui a demandé des explications sur plusieurs questions». Cette missive, précise-t-il, «est une note interne que lui-même a choisi de rendre publique.

Sinon, publiquement, je ne l’aurais jamais fait moi-même». Le maire de Bouzeguène fait part aussi d’un reproche qui lui a été fait, à savoir «avoir marché le 20 Avril dernier alors que le parti n’a pas appelé à une marche». «Les raisons de la sanction semblent être multiples», souligne le concerné. Il s’agit en outre «de l’histoire du drapeau berbère que j’ai hissé dans la cour de la mairie en guise de solidarité avec les détenus. J’ai été convoqué par rapport à ce geste par la brigade d’Azeffoun où on m’a expliqué que je risquais des sanctions.

Le Bureau régional m’a dit que je devais assumer seul car ils ne m’ont pas demandé de hisser le drapeau. Ils m’ont demandé de le baisser, ce que j’ai aussitôt fait. Ça m’a valu des critiques de la part des citoyens mais je n’ai jamais dit que c’était le parti qui me l’avait demandé pour préserver la réputation». «Il y a aussi la question du rejet de l’élection. Le bureau régional a considéré que puisque les P/APC n’étaient pas concernées par cette opération d’organisation, je n’avais pas à m’opposer en tant que p/APC, considérant que le rejet politique du parti est suffisant», explique-t-il encore. Le président de l’APC désormais ex RCD, a relevé le fait que «Mohcine Belabbas ne digère pas le fait que le président de l’APC de sa commune natale soit contre lui». Néanmoins, à ce propos, il a tenu à préciser que «c’était interne et je n’aurais jamais osé le critiquer publiquement s’il n’avait pas rendu le document public».

Le conseil communal du parti accable le maire exclu

De son côté, le président du conseil communal du RCD Bouzeguène, M. Hamegue, contacté par la Dépêche de Kabylie, a réfuté en bloc ce qu’il considère comme «des allégations du président de l’APC». «Le président de l’APC a, malheureusement, bafoué toutes les règles de l’éthique et de la déontologie politique et partisane, c’est ce qui a conduit a prendre cette décision logique de la levée de la couverture politique». «En tant que président d’APC, élu sous la casquette du RCD, il devait travailler en concertation avec le conseil communal de son parti comme ça se passe dans tous les partis politiques. Malheureusement, ça n’a pas été le cas.

Il s’est entouré d’un groupe qui n’avait rien à voir avec le parti pour en faire ses conseillers», explique le président du CC RCD Bouzeguène. «Au lieu de s’occuper du développement de la région pour honorer les promesses électorales du parti, il s’est mis à dos les comités de villages qui ne cessent de se plaindre à la section. On a essayé de lui en parler, mais vainement», ajoute-t-il. «Il s’est éloigné de la structure. D’ailleurs, depuis le mois de mars, il n’est plus considéré militant puisque il n’a pas renouvelé sa carte et c’était le dernier délai». S’ajoute à tout cela, note le responsable local, «qu’il était parmi le groupe de putschistes qui ont signé la déclaration contre le président du parti». «D’abord, puisque il n’est plus militant, il n’avait pas à signer, puis même s’il était militant, cette décision, il devait la prendre en concertation avec sa section qui reste la première cellule politique à laquelle il appartient. Chose qui n’a pas été faite.

On n’a été informés ni de près ni de loin de sa démarche, ce qui n’est pas normal». M. Hamegue a tenu à démentir les «allégations», souligne-t-il, du «Président de l’APC qui justifie par-ci, par là, sa sanction par plusieurs arguments sans fondement». «Le conseil communal de la section a pris cette décision conformément aux statuts du parti, on est les seuls habilités à le sanctionner. Le Bbureau régional a reçu une note d’information à ce propos comme le stipulent nos statuts», affirme-t-il. «Pour la marche du 20 Avril, il faut savoir qu’elle relève de la mémoire collective. Même si le RCD n’appelle pas à la marche, les militants du RCD marchent toujours à titre individuel, les gens le savent et moi-même j’ai marché. Personne n’a été sanctionné par apport à cela», note-t-il.

Et de poursuivre : «La question de cette soi-disant convocation par la brigade d’Azeffoun est une mise en scène qui vise à attirer la sympathie des citoyens. D’ailleurs, on se demande pourquoi c’était à Azeffoun alors qu’on a une brigade territorialement compétente, à savoir Boubhir (Iloula)». Le président du conseil communal a soulevé aussi «la question du drapeau qui, dira-t-il, est un des arguments avancés par le P/APC auprès des citoyens». Dans ce sens, il précise que «le bureau régional ne peut pas le sanctionner par apport au drapeau et n’a pas à lui demander de le baisser.

Preuve en est que l’APC d’Abi Youcef le hisse toujours et le P/APC n’a pas été sanctionné». Le RCD, a-t-il indiqué par ailleurs, a rejeté la première élection (présidentielle avortée) et la deuxième et cela est indiscutable. D’autres P/APC RCD se sont exprimés publiquement sur cette question en signifiant le rejet par leurs communes et aucun d’eux n’a été sanctionné». M. Hamegue estime que la décision de la levée de la couverture politique au P/APC est courageuse et logique et ces motivations, les seules, sont celles que j’ai avancées ». À signaler que le président de l’APC de Mekla, lui aussi, risque la même sanction puisque actuellement, il est suspendu en attendant d’être convoqué devant la commission de discipline.

Kamela Haddoum.