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BIOGRAPHIE - Mondial 2006, son soutien au Qatar, sa relation avec Perez…

Les confidences de Zizou

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C’est une facette inattendue de Zinédine Zidane que dévoile le journaliste Frédéric Hermel dans sa biographie consacrée à l’ancien n°10. Où l’on apprend que face à la pression née de son arrivée au Real Madrid en 2001, ce dernier aurait brièvement pensé à mettre un terme à sa carrière. Le mal-être des footballeurs est souvent balayé d’un revers de main par les amateurs du ballon rond, sous prétexte des sommes astronomiques perçues par les joueurs. Zinédine Zidane a ainsi révélé qu’il avait brièvement songé à arrêter prématurément sa carrière en 2001, à seulement 29 ans.

C’est ce qu’il raconte dans le livre du journaliste Frédéric Hermel, une biographie à paraître le 6 novembre et dont Le Journal du Dimanche dévoile les bonnes feuilles. Si le débat persiste toujours pour savoir qui est le plus grand joueur français de l’histoire entre Michel Platini et Zinédine Zidane, peut-être que la biographie sur l’actuel entraîneur du Real Madrid intitulé « Zidane » permettra de connaitre une autre facette du champion du monde 1998 et faire changer d’avis les quelques indécis. Le Journal du Dimanche a dévoilé les premiers extraits d’un livre, écrit par le journaliste et correspondant en Espagne Frédéric Hermel, qui paraîtra mercredi.

« France – Brésil, j’ai failli ne pas le jouer »

Pour la majorité des Français, le premier souvenir qui vient à l’esprit lorsque l’on évoque le nom de Zinédine Zidane est France – Brésil. En effet, l’ancien numéro 10 de l’équipe de France a fait des Brésiliens sa proie favorite en Coupe du Monde. Cependant, si ses deux buts lors de la finale en 1998 restent gravés dans les mémoires, c’est aussi le cas de l’un de ses derniers matches en Bleu qui reste mémorable pour les plus grands amoureux du ballon rond. Et dire que l’œuvre footballistique livrée ce soir de juillet 2006, dans la Commerzbank-Arena de Francfort en quart de finale de la Coupe du monde, aurait pu ne jamais exister.

Ceux qui ont vu France-Brésil en 2006 n’ont pas pu l’oublier. Ce quart de finale de Coupe du monde reste le plus grand match disputé par Zinédine Zidane et, osons le dire, l’une des plus grandes performances de tous les temps. Ce soir là, à Francfort, Zizou est en état de grâce. Face à la constellation de stars brésiliennes (Ronaldo, Ronaldinho, Roberto Carlos, Kaka…), le meneur des Bleus, au crépuscule de sa carrière, transforme chaque minute en moment de pure magie. « Je n’ai forcément pas envie de m’arrêter là, c’est tellement beau », commente le joueur alors âgé de 34 ans après la qualification de l’équipe de France (1-0). Outre sa passe décisive pour Thierry Henry, sa première et dernière en Bleu, Zidane régale sur chacun de ses ballons.

Un chef d’œuvre qui, 13 ans après, fascine toujours et fait le bonheur des nostalgiques sur Youtube. Et dire que tout cela a failli ne jamais arriver. C’est ce que révèle l’entraîneur du Real Madrid dans « Zidane », le livre de Fred Hermel (sortie le 6 novembre aux éditions Flammarion). Dans cet ouvrage qui fourmille d’anecdotes et dont le Journal du Dimanche dévoile quelques extraits, l’ancien numéro 5 révèle qu’il n’est pas passé loin de déclarer forfait pour ce rendez-vous face à la Seleçao. « Ce match, j’ai failli ne pas le jouer, dit-il à notre correspondant à Madrid en 2016. J’avais une grosse boule sur un genou dans les jours précédents. » Après des heures d’angoisse, cette boule sera finalement résorbée à temps pour que Zidane puisse affronter le Brésil. Et repousser un peu plus son départ à la retraite.

Pérez au secours de Zidane

L’histoire d’amour entre le Real Madrid et Zinédine Zidane n’a pas commencé comme dans un rêve éveillé. En 2001, Zizou, meneur de jeu de la Juventus et champion du monde avec les Bleus, débarque chez les Galactiques avec le poids du joueur le plus cher de la planète (75 millions d’euros). Mais avec son numéro 5 dans le dos, le Français peine à trouver ses marques. Sur le terrain, comme dans sa vie, Zizou a souvent le blues. Idem pour sa famille qui ne s’épanouit pas à Madrid et devient vite nostalgique de la tranquillité de Turin. La déprime est telle que le Ballon d’Or 1998, alors seulement âgé de 29 ans, songe carrément à mettre un terme à sa carrière.

Le 15 mai 2002, les milliers de spectateurs du Hampden Park de Glasgow, tout comme les millions de téléspectateurs dans le monde, auraient pu ne jamais assister au bijou de Zinedine Zidane en finale de la Ligue des champions. Une somptueuse reprise du gauche envoyée dans la lucarne d’Hans-Jörg Butt, gardien du Bayer Leverkusen, qui a offert une neuvième Ligue des champions au Real Madrid. A ce moment-là le président du club Madrilène, Florentino Perez, a dû se remémorer cette scène révélée par l’un des passages de la biographie :  » Zizou appelle le président Pérez et lui demande un rendez-vous urgent. La réunion a lieu au nord de la capitale, au siège social d’ACS, l’entreprise de BTP dont l’homme d’affaires est le fondateur et le PDG.

Il avoue : « Président, j’ai une chose importante à vous dire. J’ai décidé d’arrêter le football, de mettre définitivement un terme à ma carrière. Je n’en peux plus. Je suis désolé. » Bien sûr ce n’est qu’un coup de blues passager lié à l’honnêteté d’un homme qui ne veut tromper personne, qui refuse la médiocrité, mais ses mots prennent réellement un ton inquiétant. » « Son rythme cardiaque s’élève brutalement mais celui qui aime le Real Madrid avec passion et dévouement tente de garder son calme et de faire bonne figure. Il tempère : « Euh, Zizou, nous venons de dépenser soixante-quinze millions d’euros pour racheter ton contrat à la Juventus… Là, ça va devenir compliqué. Ne panique pas, les choses vont s’arranger.

Laisse-moi faire… », nous apprend la suite de l’extrait. Florentino Pérez décide de faire appel à deux autres Galactiques pour faciliter l’intégration de sa recrue, Raúl et Luis Figo. Ainsi, le buteur espagnol et l’ailier portugais prirent leur coéquipier sous leur aile en lui faisant découvrir la capitale et les spécialités locales. Ce qui permettra de faciliter l’intégration de Zinédine Zidane dans le collectif merengue, et au Français de devenir définitivement une icône mondiale.

Zidane et son soutien au Qatar

Si la biographie fait la part belle aux anecdotes et aux plus grands moments de la carrière de Zinédine Zidane, elle revient aussi sur des moments moins glorifiant. Comme cette fameuse somme d’une dizaine de millions d’euros versée par le Qatar pour pousser la star à soutenir sa candidature pour l’organisation du Mondial 2022.  » C’est une longue histoire qui commence en 2005, quand le prince Jassim me propose d’aller jouer au Qatar en compagnie de Ronaldinho. Son souhait était de développer le football dans son pays, mais pour moi il était clair que je devais terminer ma carrière au Real.

Je respectais son idée de faire grandir mon sport et je lui avais dit que, si un jour je pouvais aider, je le ferais avec plaisir. Alors quand le Qatar a monté son projet de Mondial pour 2022 et m’a sollicité, j’ai accepté de suite. », révèle Zidane à Fréderic Hermel avant de poursuivre lors d’une discussion entre les deux hommes. « L’intégralité des trois millions est allée à la fondation Zinédine Zidane, à but humanitaire, que mon père et moi avons montée en Algérie il y a plusieurs années. » L’ancien meneur raconte dans l’ouvrage que le changement de vie entre Turin et Madrid a été un véritable choc pour lui. «Le changement d’univers le déroute. Rien ne va.

Il pense même que Madrid fut une erreur. Il était si tranquille à Turin», narre l’auteur. Transféré de la Juventus au Real au mercato estival 2001 pour la somme record de 75 M€, le milieu offensif alors champion du monde et champion d’Europe est au sommet de son art. Mais le traitement médiatique dans la capitale espagnole n’est en rien comparable avec celui qu’il a connu dans le Piémont. «Sa famille souffre du harcèlement des médias et ne trouve pas sa place dans la vie et dans la ville. Ni lui la sienne dans l’équipe. Les nuits sans sommeil se multiplient. Il va exploser». Lui vient alors une idée qui aurait pu provoquer un tremblement de terre sans précédent dans le monde du football.