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TIZI OUZOU - Poissons morts aux barrages d’irrigation

Les explications du DSA

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Nouvelle découverte catastrophique. Après Taksebt, la semaine dernière, de très importantes quantités de poissons ont été retrouvés morts, ces derniers jours, cette fois, aux abords du barrage d’irrigation de Djebla, dans la commune d’Ouaguenoun. Le phénomène de ces morts de poissons autour des barrages de la wilaya ne cesse de prendre de l’ampleur. Après les centaines de poissons retrouvés morts au barrage de Taksebt, principale source d’approvisionnement en eau potable dans la wilaya, le même fait a été cette fois-ci constaté au barrage d’irrigation de Djebla, à Ouaguenoun, mais aussi à celui d’Irdjen, où de très importantes quantités de poissons sont morts subitement.

Les agriculteurs, pris de panique, ont alerté les services concernés, exigeant des explications sur ce phénomène. Contacté par nos soins, le directeur des services agricoles, Laib Mekhlouf, a expliqué que les raisons sont différentes d’un cas à l’autre : «Au niveau du barrage de Djebla, le phénomène est apparu suite à une augmentation du débit d’eau, engendrée par les dernières pluies. La crue a fait que les herbes descendent en profondeur, et avec le phénomène naturel de photosynthèse, de très importantes quantités d’oxygène ont été absorbées, et c’est ce qui a causé la mort des poissons», a-t-il expliqué.

Pour ce qui est du barrage d’Irdjen, «les analyses effectuées, en plus de ce que j’ai expliqué sur la photosynthèse, ont indiqué que l’eau est contaminée par les eaux usées chargées de matières fécales». L’eau de ce barrage, contaminée par les eaux usées qui s’y déversent, sert à irriguer une surface très importante de 350 ha de cultures. Ce qui constitue un risque et un danger sur la santé publique, à travers la consommation des produits d’une culture contaminée.

Néanmoins, le DSA se veut rassurant et formel sur la question : «En cette période, il n’y a pas eu d’irrigation avec cette eau, puisque il y a l’eau de la pluie», a-t-il indiqué. Les produits récoltés seront suivis d’analyses qui seront effectuées, explique le responsable, pour déterminer s’ils présentent un danger pour les consommateurs. «Un suivi sera fait et des mesures seront prises. Et si les analyses prouvent que les cultures sont contaminées, on détruira tout», assure-t-il. Le DSA revient sur le cas de Tirmitine au mois de juillet dernier, où toutes les cultures ont été détruites par arrêté du P/APC, à cause de l’irrigation à partir d’une retenue collinaire impropre.

La mort des poissons dans les barrages est une réelle catastrophe écologique, dont les raisons, apparemment, diffèrent d’un endroit à un autre, selon les responsables, bien que le phénomène se soit produit d’une manière quasi simultanée à travers les différents endroits où le problème est constaté. Pour rappel, le directeur de l’hydraulique, pour ce qui est de la catastrophe aux abords du barrage Taksebt, a pointé, lui, la responsabilité des pécheurs : «On a installé une commission d’inspection et d’observation et envoyé l’eau pour des analyses. Il a été trouvé un taux de clore anormalement élevé, alors que c’est une eau brute sans apport voulu de cette substance.

Il ne devrait pas y avoir cette quantité dans l’eau», nous a-t-il indiqué. «Par déduction, nous avons pensé que c’est dû à une activité des pécheurs», a-t-il ajouté. Les investigations pour déterminer les raisons de la catastrophe sont toujours en cours. Elles vont se porter, selon le DRE, sur les petits sachets carrés, portant des indications en langue chinoise, retrouvés sur place. «On a découvert des sachets sur place. C’est un produit chinois dont on ne connaît pas la provenance. Nos investigations vont tourner autour de cela», a-t-il indiqué.

K. H.