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Pour un changement radical

54e vendredi de marches

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Le 54e vendredi de marches contre le système politique a été marqué, hier, par une énième forte mobilisation à Béjaïa et à un degré moindre à Bouira et Tizi Ouzou. La rue de la Liberté, située à Béjaïa ville, était, hier, noire de monde pour un 54e vendredi de manifestations. La procession humaine a entamé sa marche dès la fin de la prière du vendredi. Dans les airs, un hélicoptère de la police, en position géostationnaire, suivait le déroulement de l’événement hebdomadaire. «Changement radical, souveraineté populaire», a-t-on scandé à tue-tête, réclamant, de temps à autre, la libération des détenus d’opinion, dont Brahim Laâlami, Fodil Boumala et Karim Tabbou. Brandissant des drapeaux et des pancartes, la foule a réitéré ses exigences, tout en tournant en dérision l’épidémie du coronavirus (Covid-19). «Corona système = corona chômage, corona misère, corona hogra», pouvait-on lire sur une pancarte brandie par un jeune manifestant. Mettant en exergue les dangers de son exploitation, les manifestants ont, encore une fois, dit «non à l’exploitation du gaz de schiste». La foule n’a pas manqué aussi de pointer du doigt «l’illégitimité» du pouvoir en place, réclamant une période de transition pour jeter les bases d’une nouvelle République. Une République, a-t-on noté sur des pancartes, où seront consacrées les libertés de la presse, d’expression, d’entreprendre, de se réunir, de manifester…, et une justice indépendante.

Pour ce 54e vendredi de marches antisystème, les manifestants ont affiché, encore une fois, leur détermination à maintenir la mobilisation jusqu’à la chute du régime en place. Une autre marche a eu lieu le même jour dans les rues de la ville d’Akbou, où les manifestants étaient aussi au rendez-vous. Les deux manifestations de rue se sont déroulées dans le calme et aucun dépassement n’a été enregistré. À Tizi Ouzou, les hirakistes étaient moins nombreux que vendredi passé qui avait signé un retour impressionnant des manifestants antisystème politique pour marquer le premier anniversaire de ce mouvement populaire ayant conduit au renoncement du 5e mandat pour l’ex-Président, Abdelaziz Bouteflika. C’était aux slogans habituels que les citoyens venus de plusieurs régions de la wilaya ont entonné juste après la prière du vendredi, pour se disperser peu après 15h dans le calme. À Bouira, les manifestants étaient venus avec la même ferveur. La 54ème marche pacifique s’est déroulée dans le calme avec la bonhomie habituelle caractérisant cette manifestation de l’an II du mouvement populaire. Dès midi, la foule a commencé à se regrouper sur la place publique de la vieille ville de Bouira et les banderoles étaient accrochées de part et d’autres de la chaussée. «Peuple pacifique, pouvoir violent», «Libérez les otages», étaient, entre autres, les pancartes brandies par les manifestants en exhibant les posters de Karim Tabbou, Rachid Nekkaz, Foudhil Boumala et les autres détenus d’opinion.

«Liberté, pacifisme, union et fraternité» sont également autant de slogans qui ont réuni les marcheurs tout au long de l’itinéraire menant vers le siège de la Maison de la culture à travers les boulevards et artères du chef-lieu. Femmes, enfants, séniors et jeunes ont scandé «Pour un État civil, non militaire. Non aux résidus de l’ancien système. L’Algérie est une République et non pas une caserne. Pour l’application des articles 7 et 8 de la Constitution. La prise de décision revient au peuple», ont entonné d’une seule voix les milliers de marcheurs qui criaient leurs revendications avec toujours la même ferveur. Les posters des héros de la Révolution étaient également fièrement brandis par la foule avec les icones, tels Amirouche, Abane ou encore Aït Ahmed. Arborant l’emblème national ainsi que le drapeau amazigh, les manifestants ont clairement affiché le ‘’rejet’’ des propositions de dialogue en réitérant la dissolution de toutes les assemblées élues, durant les derniers quinquennats. «Nous voulons de véritables réformes politiques ainsi qu’une transition démocratique et pacifique, mais sans revoir figurer sur l’échiquier politique les figures de l’ancien système», ont revendiqué les manifestants. La marche s’est achevée dans le calme sans qu’aucun incident n’ait été signalé.
A. A./ A. B et H. B.