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TIZI-OUZOU - Les prix repartent à la hausse à la veille de l’Aïd

Quelle Aïd pour les smicards ?

1983

Les ménages sont depuis plusieurs jours déjà dans les dépenses de l’Aïd El Fitr. On fait les boutiques pour éviter «les brûlures» de la veille du jour J. Un père de famille rencontré dans un magasin de vêtements pour enfant note : «Je me suis dit qu’il était temps de commencer à acheter les vêtements pour enfants tant qu’il y a un peu d’accalmie. Je me suis trompé car les vêtements pour enfants sont trop chers et peut-être que d’ici l’Aïd el Fitr, la cherté sera plus criante.

En tout cas, je préfère acheter maintenant pour au moins éviter les bousculades de dernières minutes». En effet, après une virée à travers plusieurs boutiques de vêtements pour enfants, il est établi que la cherté est de mise. Pour vêtir un enfant de 12 ans et avec des vêtements de qualité à peine moyenne, il faut au moins débourser 4000 DA. Ceux qui se hasarderaient à acheter des marques ou des produits d’importations, la facture peut augmenter significativement.

Pour les garçons, une paire de basket locale est coté à partir de 1 000 DA. Les baskets importées de la Turquie sont vendues autour de 3 000 DA. Les jeans se vendent entre 1 300 et 2 400 DA, les t-shirt entre 650 et 950 DA, les pantacourts en jean sont vendus entre 1 200 et 1 800 DA, ceux en toile entre 500 et 1 000 DA. Bien sûr, on parle toujours de produits locaux. Pour les fillettes de 12 ans, les robes sont affichées à partir de 1 800 DA. Les jeans sont vendus à 2 350 DA et les T-shirt entre 700 et 1 000 DA.

Une paire de souliers peut aller jusqu’à 1 200 DA, les sandales, comme c’est la saison, sont fixées à 1 600 DA la paire. Concernant les produits d’importation, ils sont plus chers et au-dessus des bourses modestes et moyennes. À cela, il faut ajouter, le jour J, l’argent de poche pour les enfants et aussi les jouets qui ne sont pas non plus abordables. C’est dire que pour passer une bonne fête de l’Aïd et dessiner le sourire sur les lèvres des petits, il faut casquer une belle enveloppe quitte à recourir à l’empreint pour les bourses limités au SNMG. Bien sûr, l’Aïd ce n’est pas seulement les vêtements pour enfants, il faut aussi penser à l’achat du copieux repas de la veille de cette fin du mois sacré, une des coutumes restée bien incrustée dans la société malgré tout.

Le prix de la viande, du jamais vu !

Bien sûr, qu’est-ce serait l’Aïd sans viande ? Les familles ont appris à en acheter un peu plus à la veille de l’Aïd. Toutefois, ces dernières années, la fièvre aphteuse aidant, les prix flambent et le portemonnaie est mis à rude épreuve. Le pouvoir d’achat est en chute libre. Comment un ouvrier qui ne gagne qu’en moyenne que 1000 DA/jour et dans les meilleurs des cas, peut-il s’offrir un kilo de viande allant jusqu’à 1 900 DA le kilo de viande. Le dernier prix est affiché à 1 300 DA. C’est tout bonnement impossible.

Les entrecôtes sont cotées à 1 900 DA, le foie à 2 800 DA, la viande hachée à 1 600 DA, les merguez sont à 1 000 DA, les abats de bœufs et les pieds de veaux ferment la marche à 250 DA le kilo. Pour ce qui est de la viande congelée et fraîche importée par le ministère du commerce, les prix fixés ne sont pas respectés. La viande fraîche de premier choix d’importation qui devait se vendre à 1 100 DA le kilo, a vu son prix augmenter de 350 DA. La viande congelée aussi ne se vend pas à 750 DA comme l’avait fixé le ministère du commerce, elle se vend à…1 000 DA le kilo.

Pour ce qui est des viandes blanches, c’est presque l’accalmie pour le poulet dont le prix a quand même atteint les 280 Da le kilo. S’agissant de la viande de dinde, c’est toujours aussi cher car l’escalope se vend à 800 DA et les cuisses de dinde à 400 DA le kilo. C’est dur donc pour un simple fonctionnaire ou un simple ouvrier de faire face aux dépenses de la fête de l’Aïd el Fitr. «Je suis père de trois petits enfants, je gagne un salaire qui dépasse un peu le Smig.

Je ne vois pas comment tenir tout un mois de Ramadhan avec ses dépenses extrêmes et finir par les dépenses de l’Aïd, ce sera le KO. Il faut revoir la politique des prix et des salaires sinon nous allons vers une impasse», a déploré un fonctionnaire à l’APC. Bien sûr, pendant l’Aïd, il faut également penser aux inévitables fruits, aux légumes et aux gâteaux, sans lesquels ce ne serait plus une fête de l’Aïd…

Les fruits et les légumes toujours aussi chers

Les prix affichés à travers les marchés et les différents points de vente donnent déjà le tournis aux chefs de familles et aux ménagères. Quand la pomme de terre se vend à 50 DA le kilo, il faut déduire que le reste flambe. Les tomates fraîches sont à 100 DA, la salade est à 50 DA, les carottes et les navets sont vendues à 70 DA, les courgettes, les haricots verts sont affichés respectivement à 150 et 170 DA le kilo. Les piments et les poivrons sont cédés à 80 DA.

Les aubergines et la betterave ne sont pas données, leur prix est de 80 Da le kilo. Le chou-fleur est à 110 Da, l’oignon sec est à 100 Da et l’oignon vert à 50 Da. Concernant les fruits, c’est encore la cherté hélas. Les pommes sont fixées à 600 DA, les dattes mêmes de qualité moyenne sont hors de portée, à 600 DA le kilo ! Les abricots et les pèches sont proposées à 200 DA le kilo. Les bananes sont à 290 DA. Le melon est à 120 DA le kilo et la pastèque à 50 DA. Les belles poires d’importation sont plafonnées à 800 DA le kilo, c’est toujours bon à regarder pour la quasi-totalité des clients.

Et la cerise sur le gâteau…

Pour les gâteaux, les familles modestes se contentent généralement d’en acheter un petit kilo chez le pâtissier du coin pour 600 à 700 DA le kilo car préparer des gâteaux à la maison revient trop cher, les produits qui entrent dans leur préparation ont excessivement augmenté. «La préparation des gâteaux à la maison nécessite beaucoup d’argent. En plus de la farine, levure et vanille, il faut des noix, des cacahuètes, des chocolats et encore et encore, la facture risque de nous donner le vertige, alors on s’en passe des gâteaux faits maison», a regretté une dame rencontrée dans une pâtisserie au centre ville de Tizi-Ouzou.

Cela dit, les prix n’en resteront certainement pas là. Il faut s’attendre à une hausse continue avec chaque jour qui passe et nous rapproche de la fête de l’Aïd el Fitr. Avec certainement un pic la veille. Chose qui va contrarier davantage le porte-monnaie.

Hocine T