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BOUIRA - Hallucinante issue au conflit de la ferme pilote Boucheraïne d’El Esnam

Stocker la pomme de terre à… Tamanrasset !

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Une superficie de 230 ha de la ferme pilote Boucheraïne d’El Esnam avait été louée aux producteurs de pommes de terre. Mais ces derniers, vu les cours du tubercule qui ne cessent de chuter, refusent de procéder à la récolte.Le Directeur central de la régulation et du développement des productions agricoles (DCRDPA) au ministère de l’Agriculture, Mohammed Kherroubi, et le directeur général de l’Office national interprofessionnel des légumes et viandes (ONILEV), Sahraoui Benallal, ainsi que le président du Conseil national interprofessionnel de la filière pomme de terre, Hacène Guedmani, étaient, avant-hier, les hôtes de la wilaya de Bouira. L

e but de leur réunion était de trouver des solutions au bras de fer que se sont livrés les producteurs de pommes de terre et les responsables de la ferme pilote Boucheraïne d’El Esnam. A vrai dire, c’est un problème récurrent qui surgit chaque année et pour lequel le nouveau directeur des services agricoles de Bouira, M’hamed El Bouali, a décidé de mettre un terme une fois pour toutes. Pour rappel, une superficie de 230 ha appartenant à la ferme pilote a été louée aux producteurs de pommes de terre.

Mais ces derniers, vu les cours du tubercule qui ne cessent de chuter, refusent de procéder à la récolte. Un refus qui pénalise également les céréaliers de cette ferme pilote, obligés de respecter le programme de multiplication des semences de céréales dans les délais impartis. Ayant laissé leurs récoltes sous terre pour éviter les frais de stockage et de transport, les producteurs de pommes de terre ont ainsi engagé un bras de fer avec les responsables de la ferme pilote.

Pour revenir à cette réunion, qui s’est achevée tard, plusieurs solutions urgentes ont été entérinées avec, comme première mesure, l’implication du Système de régulation des produits agricoles de large consommation (SYRPALAC). De même, le directeur général de l’Office national interprofessionnel des légumes et viandes (ONILEV) a proposé l’acquisition d’une petite quantité de tubercules dans un contrat de partenariat pour soulager les producteurs. La même initiative a été prise par le responsable de FRIGOMED pour atténuer la pression. Il a également été décidé de prendre en charge les frais de transport vers le Grand Sud, afin d’acheminer les tubercules vers les chambres froides de Tamanrasset.

Un trajet de plus de 2 000 kilomètres s’avérant plus qu’onéreux. De leur côté, les producteurs de pomme de terre et les responsables de la ferme pilote Boucheraine estiment que le temps presse et que ces mesures doivent être appliquées en urgence pour permettre l’emblavement des 800 ha assimilés au programme de multiplication des semences de céréales. Le temps pour les producteurs de pomme de terre de signer les contrats et de procéder à la récolte du tubercule. Il est à noter qu’un avenant de délai de prolongation a été ajouté à leurs contrats, sans aucune pénalité. Un contrat qui arrive à terme le 31 décembre, alors que la période de multiplication des semences de céréales intervient au cours de la première semaine de janvier, si les conditions climatiques le permettent.

Hafidh Bessaoudi