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Me Mustapha Bouchachi, hier, à Béjaïa

«Toute transition exige de la sagesse»

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Lors d’une conférence-débat animée, hier, au campus Targa Ouzemmour de l’université de Béjaïa, Me Mustapha Bouchachi a plaidé l’union de tous les Algériens en cette période de crise politique. «En période de transition, dans tous les pays du monde, l’on se doit d’être sages pour permettre l’avènement d’une réelle démocratie», dira-t-il.

«Une nouvelle république ne peut se faire avec l’exclusion des politiques, des fonctionnaires et des élus ayant travaillé sous l’ère Bouteflika», a-t-il averti, rappelant ce qui s’était passé en Irak après la chute du régime Saddam. L’intervenant a néanmoins tenu à faire le distinguo entre de simples militants politiques et les caciques du régime qui ont soutenu le régime en place pendant des décennies. «Toutes les figures connues doivent partir», a-t-il affirmé, invitant l’armée à agir dans le strict respect de ses attributions constitutionnelles.

«L’ANP doit accompagner le mouvement, mais sans pour autant s’immiscer dans la chose politique. L’époque où elle faisait et défaisait les Présidents est révolue. Aujourd’hui, ça sera au peuple de choisir son Président», a-t-il lancé. Me Bouchachi plaide pour la mise en place d’une instance présidentielle, collective de préférence, et d’un gouvernement d’union nationale pour cette période de transition.

Pour lui, les millions d’Algériens qui sortent dans les rues chaque vendredi, en gardant le caractère pacifique du mouvement, ont besoin de temps pour s’organiser et créer des partis politiques ou des associations, et partant réussir cette période de transition. L’intervenant a aussi invité les autorités judicaires à ne pas reproduire l’affaire Khalifa, en démantelant les entreprises appartenant à des «symboles de la corruption».

«Dans les pays qui se respectent, ces entreprises qui emploient des milliers de personnes, tous des enfants du peuple, sont mises sous contrôle de la justice», préconisera-t-il, en mettant en garde contre d’éventuelles ingérences de pays de l’occident et du Moyen-Orient. «Des pays de l’occident et du Moyen-Orient redoutent la réussite et l’aboutissement de notre Hirak.

Ils pourraient même tenter de semer la zizanie, d’où le rôle de l’armée qui doit être, en cette période sensible, garante de la sécurité des frontières et du peuple dans sa marche vers l’instauration d’un Etat de droit», a-t-il assuré.

F. A. B.