Le Prix «Matoub Lounès contre l’oubli» a été remis hier à madame Khadidja Djama, à Thanina fille du défunt Said Boukhari, ancien militant du MCB, et au représentant de M. Mohamed Benchicou, absent durant la cérémonie.
Vingt et un ans après son lâche assassinat sur la route de Béni Douala, un certain 25 juin 1998, Lounès Matoub demeure une légende vivante. La douzième édition du «Prix Matoub Lounès contre l’oubli» a eu lieu hier samedi, à la bibliothèque communale de Draâ El Mizan. Une distinction initiée par l’association culturelle «Amgud» en collaboration avec la fondation Matoub Lounès.
La cérémonie a été marquée par la présence des membres de la fondation Matoub Lounès, à leur tête son secrétaire général, de Nna Ouiza, veuve du regretté Ali Zamoum, des chanteurs Mohamed Chemoune et Said Hamel, de Mohand Naït Abdellah (écrivain et détenu d’avril 1980), de Belkacem ancien animateur de l’émission « Nouva G ighriven» (ex-journaliste de la chaîne 2 de la radio nationale) et de représentants du mouvement associatif de la région.
Après une minute de silence à la mémoire du Rebelle et des victimes de la démocratie, M. Amar Derriche, ex-animateur de la chaîne 2, militant de la cause berbère, auteur et poète, a animé une communication sur le thème «Le patrimoine matériel et immatériel de la Kabylie». «Notre patrimoine matériel et immatériel constitue notre véritable identité, surtout que notre culture passe de l’oralité à l’écrit. Il est urgent de l’exploiter, de le valoriser et de le dépoussiérer», a-t-il expliqué. Il plaidera : «Il est extrêmement urgent que nos chercheurs se penchent sur ce problème de manière scientifique, afin de préserver ce patrimoine et le sauver».
Le conférencier insistera sur les différents paramètres de ce patrimoine : «Il est temps par ailleurs de s’atteler à la labellisation des différents produits de notre artisanat et de la développer, afin de nous projeter dans la modernité. Il nous faut dépasser le folklore, notre culture a besoin de s’adapter à l’ère nouvelle, l’ère de la technologie», a-t-il insisté.
Avant de clore son intervention, le conférencier a dressé le profil des lauréats choisis pour cette édition, évoquant l’engagement comme premier critère. Il louera à cette occasion l’engagement de madame Khadidja Djama, journaliste, animatrice de la radio Chaîne 2 et sociologue, de Mohamed Benchicou, acteur infatigable dans la lutte pour la liberté de la presse, et du regretté Said Boukhari, ex-militant du MCB.
Intervenant à son tour, M. Yacine Hebbache, auteur et journaliste, reviendra sur son ouvrage «Matoub Lounès ou le chemin vers le mythe». Il fera un parallèle entre la légende vivante qu’était le Rebelle et comment il est devenu un mythe auquel s’identifient même les nouvelles générations.
Le dernier à intervenir fut M. Karim Larbi, en sa qualité de président de l’association «Amgud», qui est revenu sur l’objectif de la distinction : «Cela fait maintenant douze ans que nous décernons ce Prix, afin que le combat de Lounès Matoub ne soit pas oublié. C’est aussi l’occasion de revisiter son parcours pour le recouvrement de notre identité. Je tiens également à souligner que le choix des lauréats se fait en commission, selon des critères bien étudiés. Je tiens également à remercier M. Kamel Matmar, mademoiselle Kadi et madame Gaoua, membres de l’exécutif communal, qui nous ont beaucoup aidés pour réussir cette édition».
Amar Ouramdane

