Bouira – Commerces et institutions fermés

Comme la veille, la journée d’hier était inscrite sous le signe des fermetures de commerces et des différentes administrations à travers les quatre coins de la wilaya de Bouira. Même le siège de la wilaya était fermé hier matin, ce qui n’a pas manqué d’interpeller certains citoyens sur cette réaction tardive alors que la veille plusieurs services étaient ouverts au sein de cette institution.

D’ailleurs, cette fermeture a également fait réagir certains élus du RCD siégeant à l’APW, ne comprenant pas la décision de reporter la session ordinaire d’hier et aujourd’hui (11 et 12 mars) en affirmant qu’il s’agit là d’un «report injustifié allant à l’encontre de l’article 16 de la loi n°12-07 du 21 février 2012…».

D’autres institutions étaient également fermées sans que cela n’interpelle, outre mesure, le commun des citoyens qui se plaignaient plus d’absence de service minimum auprès des commerces, notamment pour l’achat de denrées alimentaires. Ainsi, l’administration des Impôts, l’OPGI, l’Office National de l’Assainissement (ONA), la daïra ou encore l’APC de la ville de Bouira ont été paralysés par cette mobilisation populaire, rejoignant ainsi l’ADE, la SDC, les établissements bancaires ou encore le tribunal qui, depuis dimanche, étaient en grève.

À travers les artères de la ville, seuls quelques passants rentraient chez eux avec comme seules provisions des baguettes de pain. En effet, plusieurs boulangeries ont assuré la commercialisation du pain au niveau de la ville de Bouira en début de matinée, alors que les cafétérias, les kiosques, les restaurants, magasins et autres superettes avaient gardé leurs rideaux baissés.

Même la grande surface de Bouira avait emboité le pas aux grévistes, en annonçant que les portes de l’hypermarché seraient ouvertes de 18h à 22h. Seule la pharmacie se trouvant dans l’enceinte de cet espace était ouverte, à l’instar de nombreuses pharmacies à travers la ville. Les médecins privés et les laboratoires d’analyses médicales assuraient également des permanences, mais étant donné que les transports urbains, interurbains et hors wilaya étaient en grève, très peu de patients se sont manifestés.

D’ailleurs, même certaines pompes à essence qui avaient pourtant assuré le service la veille étaient fermées, à l’instar de celle de la ville d’El Esnam. Une ville fantôme avec tous les commerces fermés et seul le bureau de poste était ouvert. Dans la région Est de Bouira, plusieurs communes ont connu un arrêt de toutes activités depuis avant-hier, comme le centre enfûteur Naftal de Chorfa qui assurait le service minimum à cause de la grève des employés, en alimentant uniquement les pharmacies et le secteur de la santé.

Même topo au niveau de la station de pompage de Sonatrach d’Ath Mansour, dont les travailleurs ont rejoint depuis dimanche le mouvement de protestation en observant le piquet de grève. La plupart des établissements scolaires étaient également fermés, mais contrairement à la veille, les potaches ne sont pas sortis dans la rue pour manifester en scandant des slogans hostiles contre le 5e mandat. À noter, toutefois, que dans certaines localités comme le village Said Abid, à la périphérie de la ville de Bouira, l’ensemble des commerces d’alimentation générale, de fruits et légumes et cafétérias étaient ouverts tout le long de la RN18. Dans d’autres localités de la wilaya, comme à Haïzer, Sour El Ghozlane, Ain Bessem, Lakhdaria, M’Chedallah ou Bechloul, l’ensemble des commerces avaiant adhéré au mouvement de grève.

Hafidh Bessaoudi