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Amdoun N’Seddouk Plusieurs chanteurs se sont produits au stade Lokri

Premier gala estival

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Pour la première fois cet été un gala bien animé d’ailleurs a eu lieu au stade de Lokri à Amdoun n’Seddouk. La fournaise du soir a fait fuir les jeunes des maisons d’autant plus que le lendemain c’est le week-end. Ils convergent alors au stade par petits groupes venant des villages environnants, en voiture, en moto ou à pied, le déplacement en vaut bien la peine de par le nombre important et la qualité des artistes qui se sont succédé sur l’estrade. Il est 21h, une foule immense composée en majorité de jeunes se déverse au portail du stade ce vendredi soir, c’est le premier gala de cette saison estivale. En tête d’affiche, un artiste que le public connaît bien. Il s’appelle Sani, un enfant de la localité qui chante en kabyle et en arabe. Il chante aussi bien le style moderne, le chaâbi, le folklore kabyle que le raï. A l’intérieur, les jeunes en extase, dont la plupart sont étudiants ou au chômage, reprennent en chœur certaines chansons, applaudissent et se déhanchent sur une piste de danse qui ne cesse de s’agrandir par le nombre important de jeunes qui se défoulent. Dans ces contrées, les jeunes sont avides de distractions et ce n’est pas tous les jours, toutes les semaines, qu’un tel gala a lieu. Il faut attendre et ce n’est pas toujours le cas, à l’occasion des cérémonies commémoratives, pour ouvrir droit à une telle soirée artistique, les autres jours, ordinaires pour ainsi dire, on oublie même que cette jeunesse a besoin de divertissements. Voilà les raisons qui font que quant une manifestation visant le défoulement des jeunes est programmée, les organisateurs n’ont plus besoin de l’annoncer à grande pompe par voie d’affichage ou autre, la rue se charge de colporter l’événement et la nouvelle se propage rapidement de bouche à oreille, telle une traînée de poudre. Dans le stade, tout allait au mieux pour Sani d’un air heureux d’avoir retrouvé ses fans qui ne se font pas prier pour lui signifier qu’ils sont là en reprenant en chœur une grande partie de ses chansons qu’ils connaissent par cœur. Quant le chanteur se retire pour quelques minutes de repos, des voix s’élèvent de toute la salle pour lui réclamer un retour rapide sur scène. A ce moment, c’est Belhaddad qui prend la relève, le temps d’une chanson pour bercer tout ce beau monde et rappeler aux spectateurs qu’il y a plus talentueux que son prédécesseur et une voix anonyme déchire le silence de la salle pour avertir les présents qu’il ne seront pas déçus : “C’est un grand chanteur, ce Belhaddad que je connais à travers ses cassettes mises en vente, vous allez voir !” Une ambiance chaleureuse plane sur la salle et Belhaddad est comblé de joie d’avoir conquis un public qui ne voulait pas le lâcher d’ailleurs, même pour un interlude de 5 min. Cette adhésion du public rassure le jeune chanteur qui excelle dans un hymne à l’amour qui fera vibrer plus d’un à un rythme qui ne s’est pas affaibli. Des heures durant, une dizaine de chanteurs amateurs qui ont tous enchanté un public, qui ne s’est prononcé que par des applaudissements, saluant çà et là les performances de chaque artiste. En attendant le Ramadhan dont on dit qu’il sera plus animé en divertissement cette année, d’autant plus qu’il coïncide avec le déclenchement de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance qui durera toute l’année.

L. Beddar