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Le premier film de Khaled Barkat, en avant première à Béjaïa

Titi, l’enfant de la rue

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«Titi », le premier film du chanteur Khaled Barkat, a été projeté en avant première, vendredi dernier, au niveau de la maison de la culture. C’est une histoire qui raconte les péripéties d’un petit garçon « Titi », diminutif de Tewfik, qui a été éloigné du foyer familial par une simple erreur de négligence de ses parents qui l’ont laissé tout seul dans la voiture pour aller faire des courses. Attiré par un chiot qu’il est allé rejoindre, le petit garçon sort de la voiture et disparaît dans la nature. Titi deviendra un enfant de la rue, en proie à tous les dangers mais surtout à l’exclusion. Sa mère que la culpabilité n’a jamais quittée, plongera dans la folie et flirtera à maintes reprises avec la mort. Entre une famille déchirée, un beau père cupide usant de toutes les ruses pour se débarrasser de la mère avant la réapparition de du fils et de surcroît l’exclusion sociale, Titi se retrouve entouré de tous les ingrédients d’une enfance malheureuse, difficile à vivre. L’histoire est, certes, poignante mais a-t-elle suscité l’émotion attendue par le public ? De l’avis de quelques intervenants, lors du débat ayant suivi la projection, « l’impasse a été faite sur des points pourtant très importants, telle que la précarité dans laquelle pataugeait Titi, ainsi que l’exclusion dont il a été victime des années durant ». Un intervenant fera remarquer une certaine réticence de la part du réalisateur à aborder d’une manière plus « décomplexée » les thématiques de l’exclusion et de la protection de l’enfance. Deux points qui n’ont pas échappé à l’attention du public dont les critiques n’ont pas ménagé Khaled Barkat. Ce qui n’a pas été pour déplaire au réalisateur lequel n’a pas non plus demandé de complaisance. « Je n’ai jamais prétendu avoir produit un chef-d’œuvre. J’ai écrit un scénario simple que j’ai essayé de réaliser du mieux que j’ai pu avec des moyens limités », a rétorqué M. Barkat qui soulignera en revanche que « les conditions dans lesquelles son film a été projeté sont loin d’être idéales ».

M. H. Khodja