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Tizi-Ouzou Prévu vendredi prochain

Hommage à Kamel Hamadi et Noura

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La maison de culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou abritera, vendredi prochain, un hommage qui sera rendu à deux grands noms de la scène musicale algérienne, Kamel Hamadi et Noura en l’occurrence, et ce, à l’initiative de l’association «Inner Well Club de Tizi-Ouzou », en collaboration avec la direction de la culture de Tizi-Ouzou.

Au programme de ce rendez-vous culturel dont l’ouverture officielle des activités interviendra dans la matinée du vendredi 07 février, en présence de nombreux invités, une exposition consacrée au deux artistes, comprenant des photos et des documents retâtant la vie et l’œuvre du couple. Le public pourra également, assister à la projection d’un film documentaire de 63 minutes sur la vie et la carrière de Kamel Hamadi, réalisé en 2010 par Abderazak Larbi Chérif sur une idée de Mohammed Berkani, qui est également producteur du film, et intitulé « Kamel Hamadi Ger Yenzizen ». Dans l’après-midi de la même journée, un gala artistique, entrecoupé de témoignages de membres de la famille et d’amis du couple, sera animé par une pléiade d’artistes. A la suite de quoi, les deux grands noms de la chanson algérienne seront honorés par les organisateurs et se verront remettre des présents et des portraits à leurs effigies. Kamel Hamadi, de son vrai nom Larbi Zeggane, auteur, compositeur, interprète, musicien et chef d’orchestre, naquit le 22 décembre 1936 au village Ait Daoud, dans la daïra de Aïn El Hammam. D’abord couturier à Alger, il troque ses ciseaux contre une plume et devient un subtil ciseleur de vers et un brodeur de mélodies. Il a composé pour les plus grands interprètes de la chanson, kabyle et arabe, parmi lesquels figurent El Hadj M’Hamed El Anka, Hnifa, Ait Menguellat, Athmani, Karima, Smaïl Ahmed, Khaled, Mami et Noura, qui n’est autre que son épouse. Le chantre, au répertoire riche de plus de 2 000 chansons, interprète et enregistre sa première chanson à Paris, intitulée « Yidem Yidem alama yafna laâmar ». Sa carrière débutera réellement en 1952, après sa rencontre avec Boualem Rabia, artiste reconnu parmi l’élite musicale d’Alger d’antan. Cet homme providentiel l’introduit auprès d’Arab Ouzellag qui l’encourage sur la voie de l’écriture. Kamel Hammadi, à la carrière prolifique, mettra son talent d’écriture au service du quatrième art, puisqu’il écrira de nombreuses pièces théâtrales et opérettes qu’il présentera à la radio nationale d’expression Amazigh (chaîne II). L’artiste puise son inspiration dans le quotidien des algériens et incite à la sauvegarde de l’héritage séculaire des ancêtres. L’exil et l’amour font également partie son répertoire. Le nom de Kamel Hamadi est indissociable de celui de Noura, étant donné qu’elle n’est autre que sa moitié et la mère de ses enfants. Noura, une des grandes figures de la chanson algérienne, de son vrai nom Fatma Zohra Badji, est née en 1942 à Cherchell. Elle est la première chanteuse algérienne au statut de star, mais également la première au Maghreb, avec le chantre kabyle, Slimane Azem, à avoir obtenu un disque d’or en 1971, pour avoir vendu plus d’un million de disques dans le monde, chez l’éditeur Pathé Marconi. En 1950, elle fait ses premiers pas à la radio comme animatrice d’émissions destinées aux jeunes. C’est là que sa carrière artistique débute en interprétant des rôles dans des pièces de théâtre et des opérettes. Encadrée par Mohammed Jamoussi, qui occupait la fonction de directeur artistique de l’Opéra d’Alger, et le grand parolier et musicien Mahboub Bati. Noura s’imposera très vite sur la scène artistique algérienne comme l’une des plus belle voix féminines de l’époque. En 1959, elle lie son destin à Kamel Hamadi, qu’elle a rencontré dans les couloirs de la radio, et deviendra son épouse. Ce dernier lui composera les musiques de « Ya rabi Sidi » (Ö mon Dieu), « Mebrouk el âars », « Ya bnet el Houma », « Rebbi ad isahel » … Ahmed Ouahby, quant à lui, lui composera des chansons dans le style Oranais moderne. En 1965, elle fera un album entièrement en langue française où elle interprètera « une vie », chanson écrite par l’un des plus grands auteurs compositeurs français, Michel Berger, et « Paris dans mon sac » de Kamel Hamadi.

Karima Talis