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Ali Kavrane signe son premier album Yelis n'Seltan

“Je suis satisfait des échos”

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Ce natif de Tizi-Gheniff se lance dans la chanson avec passion. Il s'appelle Belkacem Mouloud, mais c'est sans doute le nom Ali Kavrane qui lui colle au corps et au cœur. Il vient de signer un premier album de six chansons qui fait déjà un tabac chez les disquaires de la région.

La Dépêche de Kabylie: Tout d’abord, présentez-vous aux lecteurs et au public…
Ali Kavrane: Eh bien, je suis un artiste qui arrive sur la scène. Et j’espère que ce produit plaira aux mélomanes qui savent apprécier le travail bien fait. Quant à moi, c’est à partir de l’âge de douze ans que je voulais réaliser ce vœu qui n’est autre que chanter. C’est en 1998 que je suis monté pour la première fois sur scène dans un gala organisé dans notre cité. Mais, bien avant, je fréquentais les groupes de chanteurs de mon quartier. J’étais un mordu de la chanson.

Et après ?
Donc, d’année en année, je perçais. J’étais souvent invité à animer des fêtes familiales et j’ai participé également à presque tous ainsi les galas locaux. En 2012, j’ai composé la chanson « Abouzid Ouhamou ». Cette chanson m’a vraiment beaucoup aidé pour me lancer dans ce domaine encore davantage. Et puis, ce sont mes amis qui m’ont incité à produire car ils savaient que j’étais capable de le faire.

Donc, c’est votre premier CD ?
Effectivement, il vient de sortir la semaine passée. C’est une compilation de six chansons dont le titre phare est  » Yelis n’Saltan ». Ce sont des textes et des musiques que j’ai composées moi-même avec l’aide de quelques amis tels Rawes et Hocine Amzal.

Pouvez-vous nous faire part du choix du titre « Yelis N’Seltan » ?
C’est une chanson qui touche beaucoup de jeunes. De nos jours, demander en mariage une fille n’est pas chose aisée avec certaines conditions exigées par la fille elle-même. Je peux vous dire que l’amour passe en dernier lieu. Ici, c’est une fille qui fabule et se met dans la peau de la fille d’un roi. Or, réellement, il n’en est rien de tout cela. Je laisserai le soin à ceux qui vont l’écouter de la comprendre et de lui donner du sens.

À la lecture des titres de vos chansons, la première impression qu’on a est que vous chantez beaucoup tayri « l’amour ». N’est-ce pas ?
Je suis entièrement d’accord avec vous, exception faite de la sixième « Ahetec » qui revêt un cachet un peu politique. C’est l’impasse à tous les niveaux. Il y a trop de questions. C’est Ahetec  » chercher à comprendre ». D’ailleurs, cela a fait beaucoup de plaisir à ceux qui ont écouté le CD. Je tenais à introduire cette chanson au milieu de ce fleuve d’amour qui engloutit nos jeunes d’aujourd’hui. L’amour est parfois brisé pour des futilités, c’est pour ça que dans les textes de mes chansons, il n’y a pas que la gaieté du cœur mais aussi des frustrations.

Une semaine après, quels échos recevez-vous ?
Je ne vous cache pas que je suis entièrement satisfait. Des encouragements me parviennent de partout. Par exemple, un disquaire vient de m’apprendre qu’en une seule journée, il a vendu une centaine de disques et un autre m’avance le chiffre de 43 en une demi-journée. C’est du jamais vu à Tizi-Gheniff et même lorsqu’il s’agissait des grands chanteurs. En plus de cela, les commentaires que je reçois sur les réseaux sociaux me réchauffent leur cœur notamment quand je lis que ce sont des textes  » propres ».

Si quelqu’un venait vous proposer des textes à chanter, seriez-vous d’accord ?
Je ne vois aucun problème pourvu que les mots restent propres. Le public est exigeant. Quand on est artiste, il faut forcer le public à vous respecter en lui présentant quelque chose de propre. D’ailleurs, c’est ma vision et mon credo.

Du moment que vous recevez des encouragements de partout, avez-vous un autre produit en gestation ?
Oui, dans une année, il sera, je l’espère, sur le marché. Il faudra le peaufiner sinon tout est prêt. Et puis, il faudra donner du temps au temps. Quand on prend son temps, on ne risque pas de bâcler son travail. L’artiste doit être exigeant et doit prendre le temps qu’il faut pour offrir à son public le produit qu’il attend de lui.

On vous laisse le soin de conclure…
Eh bien, merci à votre journal de s’intéresser à mon CD. Vraiment, c’est très réjouissant. Je remercie aussi mes fans et mes amis qui ne cessent de me prendre la main et de m’encourager à aller de l’avant. J’espère avoir fait le premier pas comme il se doit et l’essentiel pour moi c’est de satisfaire ceux qui m’écoutent car je sais qu’en chantant, je retrace la vie de milliers de jeunes.

Entretien réalisé par Amar Ouramdane