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Ici et ailleurs, son album 2017 avec Aznavour, Bruel, Lenorman, Cabrel, Lavilliers, Le Forestier, Salvador, Grand Corps Malade, Tryo et sa fille Thanina

Le nouveau Idir sort demain

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Tant attendu par les fans, le nouvel album, Ici et ailleurs du chanteur adulé des Kabyles, Idir, sera enfin dans les bacs à partir de demain.

Soif de sa musique, de sa voix, les fans d’Idir vont, enfin, se régaler de sa voix, de ses mélodies et assouvir le désir qu’ils ont nourri depuis l’annonce de l’opus. Onze chansons, comprenant neuf duos inédits, ont été élaborées avec de grandes figures de la variété française.

Ce sont des chansons, à réminiscence, qui ont bercé la jeunesse de chacun de nous et qui ont accompagné des élans de jeunesse empreints de moments de joie, d’amour et de chagrin, que le talent du grand Idir a sublimement et harmonieusement rhabillées.

Ces belles voix et ces immenses créateurs de mélodies de la chanson française ont prêté leur don artistique pour magnifier l’apport de l’auteur de «Tighri bwegdud» au combat identitaire. L’aventure est racontée par la famille de «Ici et ailleurs» dans une série de vidéos mises sur la page officielle du chanteur.

En hommage aux victimes du printemps berbère, le choix d’Idir s’est porté sur l’excellente chanson «Les pleurs de leurs pères» de Patrick Bruel. Une chanson qui traite de l’injustice «elle prenait ses racines de la réalité, dans le drame quotidien qu’ont vécu les Tunisiens, j’ai parlé de l’injustice, des 127 jeunes qui sont morts lors du printemps berbère(…) Lui (ndlr Patrick Bruel) a voulu parler du printemps tunisien, et comme nous, on a aussi notre printemps tout aussi dramatique, on a essayé de se rencontrer pour pouvoir en parler ensemble, il m’a dit : «J ’aimerais bien chanter en kabyle avec toi».

Pour Patrick Bruel, Idir est «la grande voix de la Kabylie», «c’est une très grande rencontre, c’est la rencontre d’un Kabyle et d’un Berbère, c’est quelque chose d’extrêmement immédiat et fraternel qui s’est installé». «J’étais très flatté qu’il choisisse une de mes chansons, et ce n’est pas n’importe laquelle, Les larmes de leurs pères», dira-t-il encore avec beaucoup d’émotion.

Avec Gérard Lenorman, c’est une histoire de nostalgie, adaptée de la chanson «Les matins d’hiver». Quand Idir est pris d’émotion, il se met aux aveux : «Je suis content, tu as illuminé ce disque, c’est la chanson la plus proche de moi, j’ai vécu ces matins-là je faisais 7km pour aller à l’école».

Quand Idir passe aux aveux…

Pour Lenorman, qui s’est ‘’kabylisé’’ l’espace d’une chanson grâce aux talents du magicien de la chanson kabyle : «La musique d’Idir faisait partie de la musique que j’aimais…sa voix, son style… les Kabyles sont des gens exceptionnels je trouve, l’ouverture d’esprit, une philosophie, une pensée chez eux qui me conviennent ! Et bizarrement, leur musique ressemble à leur âme, et donc ça me parle beaucoup».

«Né quelque part», un duo avec Maxime Le Forestier, où l’universalisme du chanteur est parfaitement illustré d’ailleurs, il n’a pas hésité à l’exprimer : «Moi je suis arrivé personnellement à la conclusion que : quel que soit l’endroit où on est né, en réalité on est de là où on est aimés et de là où on aime les gens». Cette chanson, est un message de fraternité et d’espoir.

Pour Maxime Le Forestier, Idir avait avant tout la mission de transmettre une langue : «Je ne comprends pas un mot de ce qu’il raconte, mais je sais que ça va dans le même sens que moi parce qu’il est respectueux des textes, c’est un chanteur kabyle investi d’une mission un peu plus importante que les chanteurs français, le kabyle était une langue interdite d’enseignement des années et des années durant, et les chanteurs avaient une mission fondamentale dans la transmission de la langue», «Idir me demande quelque chose ! Je dis oui, et quand il propose quelque chose il va au bout et ça fait beau !» Quand la musique espagnole du Sud, «la Sica» est chantée en kabyle, le résultat ne peut être que spectaculaire ! «La Corrida», un titre de Francis Cabrel qui a séduit le chantre de la Kabylie.

La voix angélique de sa fille Thanina a donné une autre dimension au chef d’œuvre «un style de chant qu’on fait dans les processions chez nous, quand on allait vers la montagne», a-t-il expliqué à propos des couplets chantés par sa fille. Pour Cabrel, les chansons d’Idir «ont changé» le monde, «je connais Idir depuis longtemps. A Vava Inouva a bercé mon adolescence, quand il m’a dit qu’il allait rhabiller ma Corrida, je me suis senti flatté…».

«La bohème», avec Aznavour, une véritable histoire d’amour chantée en kabyle, une nouvelle sensation qui se conjugue au pluriel quand deux monuments de la chanson se rencontrent. Outre, les duos indiqués, l’album comportera d’autres chansons avec d’autres chanteurs, à savoir Grand Corps Malade, Bernard Lavilliers et Henri Salvador.

Cet album fera date dans l’histoire et dans l’histoire de la chanson algérienne intimement liée à toutes les influences musicales du contour méditerranéen, portées par ceux que les luttes pour la paix et la tolérance fortifient.

Kamela Haddoum