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57e anniversaire de la mort de Jean El Mouhouv Amrouche

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Par S Ait Hamouda

L’Algérien Jean El Mouhouv Amrouche est décédé le 16 avril 1962 à midi quinze. Il était entouré de ses ami(e)s, de ses proches et de sa sœur qui était à côté de son lit pour l’aider à partir. Jean El Mouhouv était poète, écrivain, animateur et producteur d’émissions radio et surtout politicien pour l’Algérie qu’il chérissait par-dessus tout. «Ma plume est plus qu’un instrument, elle est mon témoin devant moi, devant ceux qui n’ont pas perdu tout espoir, devant mes morts et mes vivants qui se taisent et de qui je suis le premier témoin.»

Dans ses derniers instants, avant l’heure fatidique, Taos, sa sœur, lui susurre à l’oreille, elle lui dit : «El Mouhouv bien aimé, avances sans crainte. Tu es dans ta maison et ta maison est pleine. Ta femme est là, ta fille ainée est là, ta cadette est là, ton petit garçon est là, ton frère René marche vers toi, moi Taos, ta sœur, je suis là et notre mère est aussi là avec toi. Ne crains rien. Avance. Tout ton pays est avec toi, tout ton pays est derrière toi».

Ils ont tous, Taos Marie Louise, Jean El Mouhouv, Fadhma Margueritte Ath Mansour, bu le calice jusqu’à la lie. D’abord parce qu’ils sont Chrétiens et Algériens ce que devient un lourd fardeau pour de frêles épaules. Et de plus, ils étaient Kabyles, qui ont trituré cette langue, la leur, dans tous les sens grâce à leur mère Fadhma Ath Mansour Amrouche, elle était la source vive où il s’abreuvait par son legs à la langue berbère. Jean était un pont antre l’Algérie et la France, il était l’élu prédestiné entre les deux rives de la méditerranée.

Il aimait répéter : «la France est l’esprit de mon âme et l’Algérie l’âme de mon esprit». Il était aussi, à ses risques, intermédiaire entre le général De Gaulle et Ferhat Abbes. Aujourd’hui que l’on évoque Jean El Mouhouv, c’est par devoir de mémoire et non par coquetterie intellectuelle ou d’une façon comme d’une autre pour montrer que nous savons des choses sur eux.

S. A. H.