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Les héros de la vallée oubliée

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La difficulté de “rentrer dans ses frais” se pose de manière sidérale à l’auteur, surtout quand celui-ci a recours à l’auto-édition, que l’on appelle communément la publication à compte d’auteur. Au départ de cette conjoncture peu favorable à la production livresque, il se trouve encore des auteurs qui, courage et volonté aidant arrivent à placer sur le marché du livre le produit de leur esprit. Amar Baouane natif d’Agouni Gueghrane et résidant à Alger, en fait partie.Il vient de publier à compte d’auteur un petit livre de contes “Alilouche à la recherche de son père” de 59 pages et un deuxième livre qui est un roman de 102 pages “Les héros de la vallée oubliée”. Le premier livre est illustré par une photo en noir et blanc d’Agouni Gueghrane datant du début du siècle dernier. Un montagne photographique met en évidence une photo d’hirondelle en vol qui nous fait tout de suite penser à la chanson “Ayafrukh ifirelles” de Slimane Azem, l’autre fils inoubliable d’Agouni Gueghrane.Comme tous les contes, l’histoire d’Alilouche, commence par le rituel rassemblement autour du kanoun par une nuit glaciale d’hiver. Mais, contrairement à toutes les histoires, ici c’est le grand-père qui raconte.Le conte tourne autour du personnage principal Alilouche qui part à la recherche de son père “qui crut avoir percé le secret du mode de vie des Français…’’, et se perd à Alger, la capitale encore sous l’emprise coloniale. La trame de l’histoire aurait pu continuer ainsi, si l’auteur n’avait pas tenté de faire un mariage de conte de fée avec une période bien située dans le temps puisqu’il s’agit de la période coloniale. Alilouche qui part de la Kabylie vers Alger par” “monts et vaux, marche le jour et se reposant la nuit”. “Il réussira à s’infiltrer dans le palais du sultan qui régnait sur la province” pour le tuer. Alilouche rencontrera par la suite un monstre à sept têtes. Il sauvera une jeune fille de ce monstre.L’auteur fait parler son héros : “Je viens d’un pays où se lève le soleil, je vais dans un autre où se couche le soleil”. Ce mélange de deux époques très éloignées des unes des autres, peut à lui seul dérouter plus d’un lecteur, même si le style d’écriture est clair et limpide comme une eau de roche.Dans le deuxième livre “Les héros de la vallée oubliée” Alilouche devient avocat et part à la recherche de son père dans les maquis de Palestro en pleine guerre de libération. Dans son introduction, l’auteur avertit : “La ressemblance des évènements que je relate ici, à des faits qui se sont réellement produits durant la lutte de libération nationale, n’est que le produit de mon imagination et ne saurait être une référence à un quelconque combat, fait marquant ou événement survenu pendant la glorieuses guerre d’Algérie…” et de continuer “…c’est pourquoi j’ai tenu à ne citer aucun nom de héros, ou lieu précis…” Quelques pages après, cependant nous pouvons lire sur le courage et la bravoure de Lalla Fatma N’soumer (page 14) Boubaghla, Messali Hadj (page 28), les évènements du 8 mai 1945 (page 38), les massacres de Kherrata (page 41). Nous retrouverons même la très célèbre citation de Larbi Ben M’hidi “Jetez la révolution à la rue, le peuple algérien saura la porter sur ses épaules”. Le livre est divisé en plusieurs chapitres où défilent à tour de rôle acteurs historiques et les personnages du cru de l’auteur. Alilouche, Lalla Anissa, Houria, Ouardia Lamara. En filigrane de ce brassage du réel et de l’imaginaire, nous retrouvons, bien sûr, l’amour que porte l’auteur pour son pays à travers le héros du Laure Mokhtar qui a marqué pour l’éternité l’histoire de l’Algérie.Pour ce deuxième livre, nous retrouvons encore le style à “faire boire d’un trait le livre, si ce n’est malheureusement, les contradictions multiples qui y sont contenues.

M. Ouanéche