Accueil Culture Rachid Amirou, un sociologue de renommée mondial

Hommage Il s’est éteint le 9 janvier dernier à Paris

Rachid Amirou, un sociologue de renommée mondial

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Le 9 janvier dernier, s’est éteint, en France, au centre hospitalo-universitaire d’Auxerre, une personne qui a énormément donné au monde du tourisme. Rachid Amirou était un chercheur et un sociologue français de renom. D’origine algérienne (kabyle), il a su marquer l’histoire de la sociologie et se faire une place parmi les grands de ce monde à travers plusieurs œuvres qu’il a publiées. Né le 18 janvier 1957 à Draâ Ben Khedda, à une dizaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, Rachid Amirou est le troisième enfant d’une famille nombreuse. Il grandit à Mirabeau qu’il aimait beaucoup. Enfant, ses proches se souviennent de lui comme le petit garçon bien silencieux et ami des livres. En effet, contrairement aux autres enfants de son âge, il adorait bouquiner. Il ne cessait de lire pratiquement tout ce qui lui tombait sous la main. Alors qu’il était encore très jeune, il considérait déjà le savoir comme étant une chose primordiale. C’est cette vision qui lui ouvrira, à l’avenir, de grandes portes. C’est donc avec des idées lucides et un esprit avisé qu’il se consacra entièrement à ses études. Après ses premiers pas à l’école de son village, il rejoint le lycée polyvalent Colonel Amirouche, à Tizi-ouzou. Là-bas, il réalisa un parcours des plus réussi, il parvint à décrocher son bac mathématique et part s’inscrire à la faculté centrale d’Alger. Sa première année à l’université ne fut pas de tout repos. Non pas que sa passion pour le savoir se soit estompée, mais il avait en tête d’autres projets d’avenir et regardait loin. Il voulait partir à l’étranger. Commença alors, pour lui, une grande et nouvelle aventure. En effet, il se débrouilla de petits boulots et parvint tant bien que mal à réunir ce dont il avait besoin pour partir. Et avec ses propres moyens, il quitta l’Algérie pour aller s’installer en France. Dés son arrivé il se consacra d’arrache pieds à ses études supérieurs. Etudiant à l’IEP Paris (promotion 1984), il décrocha son Master en sciences humaines, puis son Doctorat (Paris V – Sorbonne, 1992), et enchaîna les succès. Il se voua ensuite au tourisme, à la culture et au patrimoine, base de toutes ses recherches et pour lesquelles il dédiera plusieurs livres et écrits. Mais il étudiera, aussi, les objets, les phénomènes transitionnels, les épistémologies, l’industrie et développement touristique, l’image imaginaire et tourisme (sémiologie : publicité film, cartes postales)… L’occasion de revenir dans son pays natal ne lui fut offerte que très rarement, lors de son exil. En effet, pour des raisons de sécurité et à cause de la décennie noir qu’a traversé l’Algérie dans les années quatre-vingt dix, il demeurera en France pendant une très longue période qui durera 20 ans. Cette phase écoulée, il reposa de nouveaux ses pieds sur le sol natal. Mais il ne tardera pas à repartir. Sauf que, cette fois ci, il sera accompagné car il venait tout juste de se marier en Algérie. Exilé mais jamais déraciné il tenait à garder des liens solides avec les membres de sa famille, même en étant à l’étranger. Sa petite sœur, qui ne l’a pas trop vu au cours de sa vie, a pu le connaître grâce à ce contact qu’il gardait. Même dans son travail, il tenait à rapprocher les deux pays. Son pays natal et celui qui l’a accueilli pendant plusieurs années, seront donc joints grâce à des conférences qu’il animait un peu partout. Son but était de créer des relations interuniversitaires. Chose qu’il réalisa en sa qualité de responsable des relations interuniversitaires à l’université d’Oran, et à celle d’Alger, également. La maladie le surprendra en 2009, mais elle ne parviendra pas pour autant à l’empêcher de poursuivre son dévouement pour son travail. Et sa passion pour le tourisme fut la plus grande. Il continua donc à s’investir au profit de ses centres d’intérêt, la sociologie du tourisme, le patrimoine culturel, la sociologie de la culture, le tourisme et la méditerranée. Simple et modeste, il aimait et respectait tout le monde. Il avait toujours un sourire à offrir, même pour les plus petits. Son dernier voyage en Algérie remonte à 2006. Il était venu rendre un ultime hommage à son père qui venait de décéder. Trop fatigué il fut hospitalisé en décembre 2010. Et, sur son lit d’hôpital, il continuait à écrire et à contribuer avec plusieurs journaux parisiens. Il avait, aussi, un projet pour un nouveau livre. Il n’aura l’occasion d’en concrétiser que la moitié. Décédé le 9 janvier 2011, à l’âge de 54 ans, des suites d’une longue maladie, Rachid Amirou partit trop tôt, laissant derrière lui une femme et une petite fille de six ans.

T. C.