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Fouzia Bélaïd parle de son premier livre Chant de mémoire kabyle

«Je l’avais entamé en 2003…»

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La jeune auteure Fouzia Bélaïd, originaire de Béjaïa, parle dans cet entretien de son premier livre Chant de mémoire kabyle.

La Dépêche de Kabylie : Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs pour commencer ?
Fouzia Bélaïd :
Je m’appelle Fouzia Bélaid. Je suis née en 1971 à Béjaïa. Je suis titulaire d’un diplôme d’études supérieures en microbiologie, obtenu à l’université Abderrahmane Mira. J’ai été correspondante à La Nouvelle République puis au Matin et, à présent, j’enseigne les sciences naturelles dans un collège à Béjaïa.

Comment êtes-vous arrivée à la littérature ?
J’ai toujours aimé la littérature et l’écriture, en particulier. Mes débuts étaient dans la presse écrite mais c’était pour une courte durée, un peu plus de deux ans. L’idée d’écrire un livre avait alors germé dans mon esprit. Ensuite, j’ai connu une femme qui m’a raconté beaucoup de choses sur les traditions kabyles, ce qui m’avait énormément intéressé. Je me suis aussi rapprochée de plusieurs femmes âgées pour en savoir un peu plus sur le mode de vie de nos ancêtres. J’ai opté alors pour ce thème et je me suis mise à écrire.

Parlez-nous de Chant de mémoire kabyle, votre premier livre qui est un récit ?
Je l’ai commencé en 2003 et après avoir écrit une vingtaine de pages, je me suis arrêtée. En 2016, je l’ai retiré du tiroir et repris l’écriture de manière sérieuse. Il est sorti le 30 octobre 2019, aux éditions La Pensée. Il m’a pris 16 ans tout de même. Dans mon récit, j’ai parlé de la mémoire kabyle que je considère comme une polyphonie. C’est un véritable chant à plusieurs voix. Dans ce contexte, nous avons plusieurs aspects : la voix de la poésie, la voix des légendes, celle des traditions et des contes. L’écoute de toutes ces belles choses, qui constituent notre patrimoine immatériel, a le même effet sur moi que l’écoute du chant. Cela m’emporte et j’en suis fière !

Dans votre livre, vous réservez une bonne partie à la femme. Pourquoi ?
Mon livre est constitué de plusieurs parties, seize en tout sur 171 pages avec différents titres. J’ai décrit l’enfance d’un garçon, marquée par les différents évènements de la région, qui s’appelle Salah. Ensuite, j’ai réservé une partie importante à la femme à travers des histoires réelles, en majorité, avec une touche de fiction. Je voulais rendre hommage à la femme kabyle. Car celle-ci a toujours été présente dans chaque circonstance. Concernant notre patrimoine immatériel, la femme est le premier vecteur de transmission des traditions, de la poésie, des légendes et des contes aux générations futures. Elle est aussi le symbole de la lutte, de l’amour, de l’espoir, de la douceur, du courage et de la patience mais aussi de la sagesse, de la réconciliation… Elle est tout ! C’est pourquoi tous les hommages qui lui sont rendus ne suffisent pas.

D’autres projets ?
Je suis en train d’écrire un autre livre. D’ailleurs, je tiens à dire que l’écriture est passionnante, car elle fait ondoyer la personne dans l’univers de son choix. Et c’est là, où réside la magie de l’écriture. Une évasion sur place !

Que voudriez-vous dire aux jeunes auteurs qui arrivent sur la scène littéraire ?
Je souhaite leur dire que quand on est passionné d’écriture, on doit continuer à cocher les mots sur le papier jusqu’à l’aboutissement de nos rêves et projets. Il faut exploiter ses ressources intérieures et avancer sans lâcher prise, même si l’on connaît des échecs. Il faut persévérer ! Une œuvre éditée vous encourage encore plus.
Entretien réalisé par M A Tadjer