Accueil Culture Le théâtre amazigh à l’honneur

TNA - A l'initiative du HCA

Le théâtre amazigh à l’honneur

37

Tidak n Nna Fa est le titre d’une pièce de théâtre en langue amazighe que propose le Haut commissariat à l’amazighité (HCA) au public algérien, à l’occasion des soirées de Ramadhan. La première représentation de ce spectacle dramaturgique a lieu avant-hier, au Théâtre national algérien (TNA) d’Alger. D’autres représentations sont programmées dans d’autres grandes villes, notamment à Oran, demain, au Théâtre régional Abdelkader-Alloula, et au Théâtre régional de Batna, le 18 du même mois.

La tournée prendra fin le 20 mai avec une dernière représentation, au Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi Ouzou. Il y a lieu de souligner que ces activités sont inscrites dans le cadre du programme du HCA du mois de Ramadhan 2019 et dont l’objectif est la promotion de la langue amazighe par d’autres formes d’expression artistique. Dans un communiqué qu’il a rendu public, le Haut commissariat à l’amazighité (HCA) a précisé qu’il innove par la programmation d’un Focus spécial dédié au Théâtre du renouveau amazigh/Amezgun Amaynut Amaziɣ (TRA-AAA)» du Canada, qui présentera au public algérien la réputée pièce «Tidak n Nna Fa».

L’objectif de cette initiative consiste à mettre en exergue le talent et le professionnalisme du TRA-AAA, invité pour la première fois pour une tournée en Algérie et considéré comme la première organisation canadienne et nord-américaine créée pour promouvoir le théâtre d’expression amazighe. Il faut savoir que le Théâtre du renouveau amazigh existe depuis 2006 et que son répertoire compte jusqu’à présent trois pièces de théâtre, qui ont toutes été enregistrées en public et produites en DVD. Il s’agit de «Tidak n Nna Fa», «Ass n unejmaa» et «Abbuh.com».

Quant à la pièce choisie pour cette tournée spécial ramadhan, elle a été écrite par le dramaturge Arab Sekhi. La pièce «Tidak n Nna Fa» raconte, comme son titre l’indique, l’histoire de Nna Fa, une vieille kabyle, en visite chez son médecin. Mais des circonstances toutes particulières transforment le médecin en confident. Nna Fa se met alors à égrener devant lui la trame de sa vie faite d’amour certes mais aussi d’abnégation, de frustrations et de révolte. Elle laisse libre cours à ses vérités sur la vie sociale en Kabylie, sur les hommes, les femmes et les «temps d’aujourd’hui».

Il est à préciser que le personnage principal, en narrant sa vie, le fait dans un mélange de rires et de larmes, selon les événements racontés : de la tendresse à la nostalgie, du respect à l’admiration, en passant par un peu de regrets d’avoir manqué de temps et parfois de patience avec nos vieilles parentes et d’avoir ainsi manqué de passer des moments précieux avec elles. «Dans une politesse irréprochable, une langue authentique et merveilleuse, Nna Fa nous fait réaliser que nos grand-mères ont un regard sur la vie plus lucide que nous ne le pensions. Elle nous réconcilie avec une génération dont nous n’avons pas toujours saisi la mesure et nous fait entrevoir des trésors de sagesse et de lucidité que nous avions peut-être sous-estimés. Etonnement, ce cri du cœur d’une vieille femme de l’ancienne génération reste toujours, à bien des égards, d’une criante actualité», explique le HCA dans son communiqué.

Aomar Mohellebi