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TIZI-OUZOU - El mina du Théâtre régional de Biskra

Les paradoxes de la société algérienne étalés

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Six comédiens ont suffi pour interpréter l’une des plus belles pièces de théâtre que le TR de Biskra ait produites. El mina ou La mine, le miroir des paradoxes de la société algérienne, a été présentée, mercredi dernier, à Tizi-Ouzou.

Produite en 2018, la pièce a été écrite par le dramaturge Rachedi Redouane et mise en scène par Chouki Bouzid. En cet après-midi de mercredi, l’assistance était peu nombreuse, au Théâtre régional Kateb Yacine, à cause certainement de la forte chaleur qui sévissait et de l’horaire de sa présentation.

La scène se passe exclusivement dans une mine d’or située quelque part dans le Sud algérien, dont le décor montre quatre ouvertures (entrées) dans la mine. Six comédiens (3 femmes et 3 hommes) ont bien campé les différents rôles qui leur ont été attribués.

Le personnage principal est le maire Si Djelloul (rôle joué Djenane Saïd), en campagne électorale devant les ouvriers de la mine. Des préparatifs habituels et des promesses comme d’habitude non tenues. La journaliste (Ménaoun Chaïma) de la presse étatique est appelée pour assurer la couverture : un entretien tantôt avec le maire, qui promet monts et merveilles à la population s’il venait à être élu, tantôt avec le minier Messaoud «Rocher» (rôle joué par Tahar Rezag) qui dénonce la mal-vie, les mauvaises conditions de travail , le salaire de misère et les lendemains incertains, aggravés par l’intention de fermer ou de privatiser cette mine d’or, sous prétexte qu’elle n’est plus rentable.

La secrétaire (Amamri Fadhila) accompagne le maire dans ses tournées, le conseille, le corrige dans ses interventions, car son niveau laisse à désirer. Un couple, des universitaires, reflétant la société civile désabusée (le mari est sans emploi), profite de la situation pour s’introduire dans la mine et tenter d’extraire une quantité d’or, dont une partie sera vendue et servira à satisfaire les besoins de la famille et l’autre à confectionner des bijoux pour la femme. Subitement, des secousses se font ressentir et tout le monde est paniqué. La terre tremble sous leurs pieds. Seul le mineur, connaissant les issues et habitué à ce genre de situations, est venu au secours de l’élu, de la secrétaire et la journaliste incarnant l’Etat. Il réussit à les évacuer par des issues de secours que lui seul connaît et à les mettre hors de danger. Les secousses deviennent de plus en plus fortes et la mine s’effondre et se referme sur les voleurs (Issaba), à savoir l’homme (Sersoub Sofiane) et sa femme (Saci Amira).

Le maire revient sur scène pour scander «Itnahaw gaâ !», sous les applaudissements de la salle. «El mina» aurait pu avoir plus d’impact après la révision du son et de la gesticulation des comédiens. Les messages de la pièce étaient clairs et ont été reçus 5/5 par les spectateurs. Cette sortie est la 19e du Théâtre régional de Biskra. Cette pièce sera ensuite présentée à Boumerdès, puis à Bordj Bou Arréridj et Biskra.
M A Tadjer