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ÉVOCATION - Décédé en France à l’age de 34ans

Meksa Abdelkader, déjà 31 ans

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Mercredi dernier, c’était le 31e anniversaire de la mort du chanteur kabyle Abdelkader Meksa. Né le 4 juin 1954 au village Mira, dans la commune de Timizart, wilaya de Tizi Ouzou, Meksa est décédé le 30 octobre 1988 à Créteil en France, à l’âge de 34 ans. Abdelkader Meksa était un conteur et chanteur qui narrait l’histoire de la Numide en chansons. Il a joué un rôle prépondérant dans la dynamisation de la chanson berbère des années 1970 et ce, dans la mouvance du renouvellement de la chanson moderne animée par Idir, Chenoud, Djamel Allam, Les Abranis (le groupe de l’époque), Tagrawla, Brahim Izri…

Meksa enregistre son premier album, Loundja, légende de la très belle fille de l’ogresse, puis Tafsut qui décrit la célébration d’antan de cette saison. En 1976, il s’envole pour la France et sort un autre album : Assif, Anzar et Andakwen a-wid issefrun. En 1979, Meksa Abdelkader revient avec un autre album intitulé Tafunast Igujilen (La vache des orphelins), Zelgum (Princesse célèbre par des amours impossibles)… La même année, Meksa Abdelkader donne un concert à la salle Atlas (Alger) et atteint le sacre. En 1988, il sort sa dernière cassette «Amghar azemni» (le vieux sage).

Son patrimoine est d’une richesse inouïe et d’une profondeur musicale qui aura marqué plusieurs générations. Il travaille comme conteur et musicien dans les cafés culturels à Paris et dans les environs. Meksa Abdelkader est mort en France, presque dans l’anonymat, un dimanche 30 octobre 1988, à l’âge de 34 ans, mais il sera enterré dans son village natal, Mira, auprès de ses parents. La version officielle de la mort du chanteur est qu’il «a été assassiné avec un objet contondant, un coup sur la tempe» qui a provoqué une hémorragie cérébrale. Mais selon la fille du défunt, Massiva, âgée de 8 ans à l’époque, son père est mort «suite à une bavure et non par accident : «Mon père est mort d’une bavure policière. Ce jour fatidique du 30 octobre 1988, après son travail, mon père est passé prendre un verre dans un bistrot. Ayant voulu passer un coup de fil, il descendit au sous-sol où se trouvait l’appareil téléphonique.

Mais il trébucha dans les escaliers et tomba. En le découvrant ainsi, le patron appela la police qui est venue le récupérer. On le mit dans une cellule de dégrisement sans examen médical préalable. C’est quand ils ont vu qu’il ne bougeait plus depuis un bon moment que les policiers ont décidé de le transporter dans un hôpital. Le rapport de l’hôpital que j’ai pu récupérer mentionne que mon père était dans un coma éthylique. Et le rapport du médecin légiste affirme que mon père avait reçu un coup (sans doute de matraque) à la tempe…» Pour le 31e anniversaire de la mort de Meksa Abdelkader, la chorale Tilelli lui a rendu hommage, mercredi, à la clôture du chantier culturel de la ville de Gatineau au Québec, en interprétant quelques une de ses chansons, telle «Anzar».

En janvier 1999, une association culturelle qui porte le nom de l’enfant prodigue est née dans son village natal, Mira. Pour rappel, le 11 octobre dernier, une fresque a été réalisée dans la localité de Fréha en hommage à Meksa, entre autres.

Amar A.