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MAÂTKAS - L’ex-salle de cinéma à l’abandon

Nedjma se meurt !

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Située en plein chef-lieu de la daïra et de la commune de Maâtkas, la bâtisse qui abritait jadis la salle de cinéma Nedjma est toujours à l’abandon, et ce depuis plus de 20 ans. En effet, construite à la fin des années soixante, cette salle a longtemps constitué un espace de loisirs et de détente, notamment pour les cinéphiles, surtout au plus fort des années de gloire du cinéma universel et algérien, où les films hollywoodiens, notamment, étaient en vogue. Bien qu’ayant cessé ses projections cinématographique, la salle «Nedjma», en hommage au grand écrivain et militant Kateb Yacine, auteur du roman homonyme, a longtemps été un espace utile à la population locale, notamment au mouvement associatif et aux partis politiques.

En effet, même si sa vocation originale n’était plus exploitée, la salle a servi à l’organisation de conférences-débats, d’activités culturelles diverses, d’Assemblées générales, de réunions d’associations ou de partis, etc. Elle fut également un espace de rayonnement artistique dans la mesure où plusieurs galas ont été organisés sur place où beaucoup d’artistes de renom, à l’image d’Akli Yahaiten, Rabah Ouferhat, Zohra, Mohand Chemoun, se sont produits. Mais quelques années après, elle a été abandonnée et laissée dans un état de délabrement avancé : chaises cassées, portes défoncées, plafond en décrépitude, matériel de projection rouillé….

Cet espace fait à présent office de gîte pour les animaux errants et de lieu de vente et de consommation de boissons alcoolisées mais aussi de commercialisation de toutes sortes de produits prohibés. Dès lors et à plusieurs reprises, des voix se sont élevées pour la réhabilitation de cette salle ou son exploitation pour abriter d’éventuels projets, qui font défaut dans la région. A une époque, il était même question que cette salle de cinéma soit réservée pour le secteur de la culture afin d’en faire un musée de la poterie.

Dans ce sens, des promesses ont été faites pour la réalisation de ce projet. Mais les lieux, qui abritaient au sous-sol les locaux de l’ancien Souk El-Fellah, sont affectés par l’usure et jugés par les spécialistes en état de réforme. Ils nécessitent tout simplement la démolition et la reconstruction à partir des fondations. «Cela demandera une grande enveloppe financière que les pouvoirs refusent de consentir surtout avec les restrictions imposées ces dernières années», précise notre source.

Rabah A.