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Disparu le 12 septembre 2018

Rachid Taha, un artiste résolument universel

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Il est né le 18 septembre 1958 et il est décédé le 12 du même mois en 2018. Rachid Taha, né d’un père kabyle de Béjaïa et d’une mère originaire de Mascara, a paradoxalement vécu la plus grande partie de sa vie en France. Rachid est venu au monde à Saint-Denis-du-Sig, connu aujourd’hui comme étant la ville de Sig dans l’Ouest algérien, et il vivra et mourra à la Seine-Saint-Denis, en France. Après avoir passé son enfance à Sig, Rachid Taha part en France en compagnie de ses parents, qui se sont établis dans l’Alsace.

Il avait alors dix ans. L’école n’était pas son fort. Il sera d’ailleurs jugé trop turbulent, d’où la décision de ses parents de le placer chez les sœurs, au lycée Jeanne- d’Arc de Bruyère. Et c’est là-bas, selon sa biographie, qu’il apprit à écrire et à lire l’arabe classique. Tant bien que mal, Taha fera des études de comptabilité, qui lui ouvrent les portes d’une carrière professionnelle. Toutefois, imbibé de culture populaire, il écoutait à profusion le chaâbi et le raï. Des musiques populaires algériennes qu’il a su marier avec le rock n roll et la techno. A Rillieux-la-Pape, l’artiste rencontre deux férus de la musique avec lesquels il formera le groupe légendaire «Carte de séjour».

Le groupe sortira son premier album «Rhorhomanie», en 1984. En 1989, il est dissous. Taha se lance alors dans une carrière en solo. Son premier album «Barbès» sort en 1991. Toutefois, l’enfant de Sig ne sera consacré par le public algérien qu’en 1998 à la sortie de l’album «Diwan». La chanson «Ya rayah» de feu Dahmane El Harrachi le propulsera alors au rang des chanteurs les plus connus en Algérie et en France. Rachid reprendra aussi des chansons d’Akli Yahiatene, Hadj Mohamed El Anka et Nass El Ghiwan.

Quant à ses tubes avec Cheb Khaled et Faudel, ils resteront dans les annales de la chanson algérienne. A cette époque, sa carrière est à son apogée. Rachid Taha poursuit sa carrière artistique durant plusieurs années et parallèlement à la musique et à la chanson, il s’est avéré être un écrivain de scénarios pour films. Infatigable, il sort plusieurs albums jusqu’à 2013. En 2015, il crée, en compagnie de son ami Rodolphe Burger, le groupe «Couscous Clan». Rachid Taha meurt dans la nuit du 11 au 12 septembre 2018 d’une crise cardiaque et sera enterré dans sa ville natale. Il laissera à la postérité un répertoire universel imbibé «d’algérianité», comme lui, jusqu’aux os.

Akli N.