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Le 1er Novembre, voilà encore une date qui, en dehors de sa signification historique, a inspiré, nourri et enrichi la littérature arabe. C’est autour de ce thème que le colloque « La Révolution algérienne à travers la littérature arabe » s’est tenu durant deux jours à partir de dimanche 28 octobre, à la Bibliothèque nationale dans le cadre de « Alger, capitale de la culture arabe ». Contrairement aux attentes, Khalida Toumi et Mohammed Cherif Abbès, le ministre des Moudjahidine, n’étaient pas présents. On s’est contenté donc de l’allocution inaugurale de Amine Zaoui qui était, il faut le dire, assez éloquente et beaucoup plus littéraire qu’historique. Le verbe de Amine a su repeindre la révolution algérienne par des mots fidèles au sens et à la beauté de la littérature, évoquant le premier Novembre tout aussi bien que le feu artistique qu’a allumé cette date dans la littérature arabe. Le directeur de la bibliothèque a souligné, en outre, le rôle majeur de la Révolution algérienne dans la prise de conscience arabe. Cette révolution « qui a permis, aussi, aux peuples arabes de se remettre à rêver. Le rêve étant une faculté essentielle à la survie d’une nation ».

Dr Nour Salmane, l’écrivaine libanaise qui a consacré sept ans de sa vie à la Révolution algérienne, a été honorée par la Bibliothèque nationale, en présence des ambassadeurs du Liban, du Koweit et de l’Arabie Saoudite. Après quoi, Dr Salmane a prononcé son allocution dans laquelle elle s’est attardée sur les qualités sociologiques, historiques et politiques de la révolution. Cette dernière, précise-t-elle, demeure un phare pour les mouvements libéraux dans le monde arabe, notamment grâce aux écrivains algériens qui ont su transmettre l’idée et le symbole du 1er Novembre aux autres peuples. Cette fusion entre révolution et littérature, affirme-t-elle, reste un point d’honneur inscrit sur le front de l’histoire algérienne.

Dr Nour Salmane a par ailleurs insisté sur le rôle de la révolution dans l’unification du peuple algérien. Toutes les différences ont disparu et cédé à l’appel de la cause suprême. Les Algériens ont cessé d’être Arabes ou Berbères, hommes ou femmes, musulmans ou juifs, intellectuels ou paysans, bourgeois ou pauvres… Tous ont rejoint les rangs d’une révolution salvatrice et ont effacé toute différenciation pour l’honorable cause de la liberté.

Ces éléments, précise Mme Salmane, ne sont pas sans donner à notre révolution une certaine sacralité qui la distingue et la glorifie à l’échelle de l’histoire des révolutions du monde.

Une petite pause où étrangers et Algériens se sont vivement adonnés à des discussions d’ordre historique et intellectuel. Ensuite, C’est Djamila Bouhired qui fut à l’honneur…

Mon nom est Djamila, tel est le titre de l’amalgame poétique dédié à l’âme et à la mémoire de l’héroïne nationale qui a vécu la terrible expérience de la torture dans les geôles françaises. C’est une lecture théâtrale des poèmes ayant été écrits sur l’épopée nommée « Djamila », par Nizar Kabani, Souleimane Al Issa, Badr Chaker Sayab, Djamel Amrani et tant d’autres.

Le premier jour du colloque a été assez riche et prometteur malgré sa courte durée comparée au nombre des intervenants et des activités.

Le colloque a pris fin lundi 29 octobre et sera suivi par la publication de Mon nom est Djamila dans le cadre des éditions de « Alger, Capitale de la culture arabe ».

Sarah Haidar