Rien ne va plus en matière de couverture sanitaire dans la commune d’Aghbalou. Les offres de services se réduisent comme une peau de chagrin au niveau de l’unique polyclinique dont les moyens humains et matériels sont réduits au strict minimum.
En matière d’effectif sanitaire, on y comptabilise uniquement quatre médecins généralistes qui exercent par le système de 2X2 qui aboutit sur des récupérations au point où un seul médecin est présent le jour et un autre la nuit, d’où le recours au système de jetons pour juguler une foule nombreuse de malades qui affluent sans interruption de jour comme de nuit et l’unique médecin se retrouve vite débordé.
Quant aux consultations spécialisées, elles ont cessé depuis plus d’une année, selon une source proche de cette institution de la santé. Selon notre source, faute d’effectifs, les services radiologie et le laboratoire ferment de nuit alors que cette polyclinique assure un point de garde.
En matière de moyens matériels, la polyclinique est dotée d’une seule ambulance pour l’évacuation des cas graves, et depuis l’instauration du nouveau système des évacuations qui font obligation aux polycliniques qui assurent des gardes d’acheminer leurs malades par leurs propres moyens vers les points de gardes spécialisés à travers les hôpitaux de la wilaya à partir de 16h.
Et en raison de son emplacement en haute montagne, il est pratiquement impossible à la polyclinique d’Aghbalou d’évacuer plus d’un malade par nuit. Il convient de souligner pour bien illustrer ces insuffisances que la circonscription de cette polyclinique couvre une population de pas moins de 22 000 habitants, aggravée par son emplacement en haute montagne à quelque 900 mètres d’altitude où règnent des conditions climatiques exceptionnellement rudes.
À cela s’joute un relief extrêmement accidenté, le tout aggravé par la précarité sociale fort sensible à l’origine d’un nombre nettement plus élevé de malades et d’accidentés par rapport aux autres communes de la daïra de M’Chedallah.
Sur le volet infrastructure, cette polyclinique opérationnelle depuis 2004 est réalisée en R+1 sur un terrain fort accidenté qui enregistre un continuel mouvement géologique, d’où des fissures au niveau de l’étanchéité à l’origine d’importantes infiltrations des eaux pluviales au point où les plaques du faut plafond de l’étage supérieur délabré commencent à se détacher.
Un affaissement de terrain côté sud, qui a entraîné un pan de la clôture survenue depuis 2015, n’est pas pris en charge à ce jour bien qu’une commission technique de wilaya a constaté de visu cet affaissement durant la même année.
Du même côté, ce qui s’apparente à un mur de consolidation de la bâtisse est lui même sensiblement fragilisé par ce mouvement géologique au même titre que le mur d’enceinte lézardé et parcouru dans tous les sens par d’inquiétantes fissures. Notons pour conclure que plusieurs lampes sont grillées et non remplacées au même titre que l’installation du chauffage central qui présente de nombreuses fuites non réparées.
Oulaid Soualah

