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Le provisoire qui dure à Tizi-Ouzou

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Depuis la fermeture du marché de gros qu’abritait la ville des genêts au début des années 2000, le secteur du commerce n’a toujours pas trouvé d’alternative pour répondre à la demande du secteur, dont le besoin d’un vrai marché de gros se fait de plus en plus sentir. C’est d’ailleurs là un obstacle sur lequel buttent depuis des années les autorités locales qui n’arrivent toujours pas à trouver une issue au problème. D’année en année, le projet de remplacement du vieux marché fermé n’arrive pas à aboutir. Une situation qui a fini par faire voler en éclats l’espoir de la population qui aspirait à tout ce qu’un tel projet peut apporter à la région. En effet, des postes de travail, mais aussi un réajustement des prix des différents produits sont tant de données espérés entre autres. Une telle réalisation permettrait aussi de mettre un terme définitif au problème du marché informel à travers les différentes régions de la wilaya. Pour justifier l’inaboutissement de ce projet, l’indisponibilité d’une assiette foncière adéquate pour accueillir le « méga » projet est depuis longtemps avancée. A un certain moment, l’idée de son implantation provisoire à Tadmait a été retenue. Une localité qui a même, dans un premier temps, assuré l’ « intérim » pour recevoir l’ex marché de gros de la ville. Mais depuis, c’est devenu une anarchie qui gangrène le secteur du commerce au sein de la wilaya. Et depuis, les commerçants s’organisent comme ils peuvent, et des surfaces, un peu partout au niveau de la wilaya, ont été improvisées en marchés de gros. Des « marchés » qui accueillent quotidiennement, ou pour certains une fois par semaine, des commerçants arrivant des quatre coins de la wilaya, et même de l’extérieur. Les plus connus de la région et les plus visités sont ceux de Tadmaït, Tala Athmane et Taboukirt. Des marchés de proximité qui, besoin oblige, ont vite fait de devenir des marchés de gros. Tout ceci avec la complicité des autorités locales qui ont bien compris l’apport de ces derniers aux régions concernées. Un détournement d’activité qui n’est pas sans conséquences, et dont les retombées sur la qualité de service et sur l’environnement sont bien visibles. Par ailleurs, la gestion de ces marchés ‘’de gros’’ laisse à désirer. En effet, en plus de la situation précaire dans laquelle se trouvent les commerçants, la population se plaint de l’absence d’une réelle gestion de ces « surfaces de commerces en gros », qui ouvre les portes à toutes sortes de dépassements, à commencer par l’insalubrité des lieux. A voir dans quel état se trouvent ces marchés, l’on se demande où sont passées les autorités, notamment les APC qui détient la responsabilité première puisque c’est elles qui les cèdent en location. Pour ne rester que dans les exemples sus cités, le marché de Tala Athmane par exemple ressemblerait plus à une grande décharge publique. Les déchets et ordures y sont entassés çà et là tout à côté des fruits et légumes proposés aux acheteurs. Les ordures débordent même pour obstruer le chemin de wilaya qui travers la localité. Celui de Tadmaït, quant à lui, est carrément implanté sur des terres agricoles qu’il ne manque pas de détériorer par la pollution qu’il engendre. Doter la wilaya de Tizi-Ouzou d’un marché de gros, en bonne et due forme, est donc, plus qu’une nécessité une urgence.

Ch. T.