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Bouira : Alors qu’une certaine prise de conscience est enregistrée chez les agriculteurs

Qui se soucie des assurances des personnes ?

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Ainsi, au niveau de la wilaya de Bouira, on retrouve quasiment les mêmes paramètres d’évolution des marchés des assurances qui prévaut au niveau national.

En effet, à titre indicatif, l’agence SAA de la daïra de Aïn Bessam enregistre une nette progression des assurances de véhicules, un faible taux de pénétration des assurances CAT-NAT et carrément une inexistence des contrats d’assurance aux personnes. Ainsi, le chiffre d’affaire réalisé par le secteur pour les assurances de véhicules durant le troisième trimestre 2013 est estimé à 4,19 milliards de centimes, une hausse de 14,5% par rapport au troisième trimestre de 2012. L’assurance agricole a connu aussi une très légère hausse, en dépit des évolutions enregistrées en production animale et végétale (+4% et +11%). Cette situation serait due à la baisse enregistrée par l’assurance de certains dommages aux biens du secteur agricole. Pour cette année, la branche automobile a réalisé pour l’instant, un chiffre d’affaire avoisinant les 3 milliards de centimes et arrive en première position avec une part de 69% et un taux de croissance de 13,2%. Ce résultat intervient, en dépit de la baisse des importations de véhicules. La branche IARD a réalisé quant à elle, un chiffre d’affaires de 800 millions de centimes, une progression de 18% par rapport à 2012. Les principales sous branches ont enregistré des hausses. La plus significative est celle relative à l’engineering qui a progressé de 42%. L’assurance tous risques montage a constitué l’essentiel du portefeuille de cette branche au cours de cette période. L’assurance automobile se taille ainsi la part du lion, suivie de celle des risques industriels et des assurances souscrites par les transporteurs de voyageurs et de marchandises. Loin derrière, viennent les assurances des biens immobiliers ainsi que l’assurance sur la vie qui est, à titre indicatif, nulle au niveau des agences d’assurances. Pour sa part, l’assurance CAT-NAT ne décolle toujours pas à Bouira, à l’instar des autres régions du pays, comme il a été mentionné plus haut. Entrée en vigueur depuis le mois de mars 2004, la loi obligeant les propriétaires de biens immobiliers à s’assurer contre le risque de catastrophes naturelles a du mal à se concrétiser sur le terrain. Un travail de sensibilisation en direction du grand public s’impose, selon les professionnels des assurances. « Au niveau de la daïra d’Aïn Bessam, seuls 7% des propriétaires particuliers de biens immobiliers ont souscrit un contrat d’assurance contre les catastrophes naturelles pourtant obligatoire. Les catastrophes naturelles enregistrées dans notre pays, ces dernières années, ont été à l’origine de la décision prise par les pouvoirs publics », nous dira un employé de l’agence SAA de Aïn Bessam. Selon notre interlocuteur, « l’objectif recherché étant d’allier la prévoyance individuelle à la solidarité nationale, sauvegarder le patrimoine social et économique de la nation et alléger la dépense publique sur les catastrophes naturelles ». C’est que les inondations de Bab El Oued en 2001 et le séisme du 21 mai 2003 ont occasionné d’énormes dégâts matériels et l’État, chargé de gérer les dispositifs de couverture contre les catastrophes naturelles qui relevaient de la seule solidarité nationale, s’est retrouvé seul, ou presque, à faire face aux multiples demandes de relogement et d’indemnisation exprimées par la population. Aussi, l’assurance contre le risque de catastrophes naturelles est un moyen de garantir « une certaine dignité aux individus, car quand on est dans un système de solidarité l’indemnisation est assujettie au bon vouloir de l’État alors qu’avec cette assurance, elle est un droit », ajoute-t-il. Par sa situation géographique, la wilaya de Bouira est, pour reprendre l’expression des responsables locaux, « une wilaya agricole par excellence ». De ce fait, les agriculteurs de la région souscrivent à des assurances (végétal, animal, transport, catastrophes naturelles…), afin de se prémunir contre les risques qui peuvent toucher leurs activités. C’est là que les caisses régionales de mutualité agricole (CRMA) interviennent dans le but de les aider à s’assurer contre les dommages matériels causés par les événements ci-dessus. À travers la wilaya de Bouira, on comptabilise pas moins de quatre caisses, situées à Aïn Bessam, Sour El Ghozlane, Lekhdaria et le chef-lieu de la wilaya. Cette dernière, selon son directeur, M. Baghdadi Abderahmane, enregistre une forte activité pour cette année. Ainsi, pour l’exercice 2013, cette caisse a connu une forte progression d’après son premier responsable, car il a atteint les 30% par rapport à l’exercice antérieur. Pour appuyer ses propos, M. Baghdadi indiquera qu’au premier semestre de cette année, le nombre de souscripteurs au niveau de ces six agences (Haïzer, Chorfa, M’Chedallah, Bechloul, Ath Mensour et Bouira) s’établit à près de 30 000 contrats. Par ailleurs, notre interlocuteur soulignera le fait que la caisse, dont il a la charge, participe, en collaboration avec les services de la DSA et ceux de la chambre de l’agriculture, aux différents événements liés à ce secteur. Le but est de « sensibiliser les agricultures sur la nécessité de s’assurer contre les divers risques qui peuvent affecter leurs activités ». Et d’ajouter : « Comme les chiffres le prouvent, nous sommes en train de progresser dans notre mission qui consiste à offrir une couverture assurance globale aux souscripteurs ».  

Ramdane B. et Oussama K.