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Béjaïa Par manque flagrant d’infrastructures de base

Le développement de certaines disciplines sportives freiné !

1973

La capitale des  Hammadites est connue pour être le centre de rayonnement de toutes les disciplines sportives, à l’échelle nationale, avec des  clubs qui travaillent pourtant dans des conditions très difficiles. 

Il n’est, par exemple, pas facile d’être la meilleure ligue à l’échelle nationale en boxe, quand on ne dispose même pas d’une salle  digne de ce nom. Il n’est pas aisé non plus d’être champion d’Afrique  en volley-ball (ASWB), quand la wilaya n’a aucune salle homologuée pour recevoir une compétition internationale. Même les athlètes de haut  niveau, qui ont pris part aux différents championnats  du monde, ne disposent pas d’une piste d’athlétisme en bon état. Les salles de judo sont privées de l’essentiel, d’un tatami. Et la liste est encore longue. Ce sont là d’énormes défaillances qui bloquent tout développement sportif dans la wilaya.  Concernant le sport roi par excellence, à  savoir le football,  Béjaïa vit  au rythme de ses deux grands clubs  phares, à savoir la JSMB et le MOB, sociétaires de la Ligue Une professionnelle. Ces deux  clubs,  qui ont enfanté  de grands  techniciens reconnus au niveau national et international, à l’image de Rachid  Dali et Mokhtar Bouzemboua, sont en effet les mieux lotis en termes d’infrastructure, car ils utilisent le terrain du stade Opow, même si la bonne image de ce dernier a été entachée par le panne électrique lors du match MOB/USMA.

Mais d’autres clubs, qui animent la scène footballistique de la wilaya ou la ligue locale, gèrent deux niveaux : la division honneur et celle du pré honneur. Le  plus grand souci  de la discipline est le manque de moyens infrastructurels et les clubs du chef-lieu de la wilaya souffrent le martyr en  utilisant la même  enceinte, à savoir le stade communal Salah Benallouache. On peut citer l’AS Taassast, le CS P.Civil, la JS Béjaïa, le NC Béjaïa et tant d’autres. Ces équipes n’utilisent que la moitié du terrain, parfois même le  quart, notamment les petites catégories. Les  autorités locales  qui ont  posé du tartan  ont un peu soulagé  les clubs en attendant que la même opération soit accordée au stade scolaire qui peut lui aussi diminuer les souffrances  des entraîneurs et des joueurs. En plus de tous ces club, le football féminin dispose lui aussi, au niveau de la commune, de pas moins de 4 clubs, 2  en première division et 2 en division Deux. Ces équipes  sont éparpillées entre l’annexe  de l’Opow, le stade scolaire ou Benallouache. Elles souffrent d’une très grande instabilité.  L’autre sport phare  de Béjaïa, le volley-ball,  avec ses 1 250  athlètes répartis sur une trentaine de clubs affiliés à la Ligue  locale,  vit  également des moments  très difficiles, avec le manque de salle adéquates malgré une volonté  farouche  des  responsables  des clubs et l’engagement  des  responsables de la ligue  à améliorer la situation. La majorité des  clubs  disposent  de terrains non couverts où il est impossible de s’entraîner en hiver et même en été aux heures  de grandes  chaleurs. Seules quelques équipes, comme le MBB, le NCB ou l’ASWB, disposent de salles plus ou moins acceptables. La salle de la ‘’Bravoure’’ tarde  à voir le jour et le statut d’une salle OMS, malgré la disponibilité de l’argent nécessaire pour  son aménagement. D’après certains élus locaux, c’est un problème avec la SNCF qui bloque l’avancement du projet.   Pour ce qui est du noble art, Béjaïa renferme environ 1000 boxeurs et boxeuses répartis en une vingtaine de clubs affiliés à la ligue locale. La majorité des salles sont dans un état  lamentable et les subventions allouées sont insignifiantes. Mais malgré tous ces  aléas, des  résultats  probants ont été réalisés ces dernières années, notamment par  les pugilistes de la  JS Timezrit, le club  Akboucien de boxe (CAB), Sidi Ayad, le BC Akbou, le MB Béjaïa, la JS Soummam et le BC Béjaïa. Les 3 000  judokas  représentants la vingtaine de clubs  affiliés à la ligue de Béjaïa vivent les mêmes problèmes. La majorité des clubs sont privés du strict minimum pour la pratique du judo. Ils n’ont même pas de tatami,  sans oublier le manque de cadres  spécialisés et de conseillers en judo. A part un ou deux, les autres ont tous quitté le pays et font valoir leurs connaissances et compétences dans d’autres pays.  La discipline qui ne donne le plus de satisfactions à Béjaïa est incontestablement l’athlétisme, et ce malgré un flagrant manque de moyens comparativement au GSP. Béjaïa renferme une quarantaine de clubs  affiliés avec des sommités qui ont pris part aux différents championnats du monde,  championnat d’Afrique, jeux  arabes et méditerranéens et tant d’autres compétitions. Les  clubs de la commune de Béjaïa  souffrent du fait que la seule piste existante au niveau du stade  de l’Opow  est très détériorée. Elle est en outre surexploitée et exposé aux  fumigènes lors des matchs de football. L’arène pour les lancers par exemple est inexistante, chose qui pousse les techniciens à improviser des espaces où les risques d’accidents sont multiples. Le stade Benallouache quant à lui ne répond plus aux  exigences des clubs et ne remplit pas les conditions nécessaires. Les clubs de la région  souffrent  aussi,  à l’image d’Amizour et de Sidi-Aïch, du manque de moyens. Le nouveau stade de Souk El Tenine est un grand  acquis pour la wilaya  mais il ne résoudra pas le problème. En effet, les clubs n’en profiteront pas, vu son éloignement et le manque de transport pour faire des allers-retours pour s’y entraîner.Beaucoup d’autres disciplines  souffrent à l’image de la natation,  la gymnastique, le handball, le basket-ball, les arts martiaux,…

Une question reste donc posée : Les autorités locales sont-elles au courant de la gravité de la situation dans laquelle se trouve le sport à Béjaïa ? D’après certains techniciens, ce sont les bons résultats décrochés par les différentes disciplines qui couvrent la réalité du terrain où le marasme a atteint un stade inimaginable.

 Z.H.