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Programme des 100 locaux commerciaux pour chaque commune en kabylie

Un bricolage coûteux

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Souvent, les promesses les plus prometteuses, quand bien même émanant de la plus haute autorité de l’état, en l’occurrence le président de la République, ne connaissent pas pour autant d’exécution sur le terrain.

La bureaucratie, les négligences, les passe-droits, autant de goulots d’étranglement qui brident la réalisation au profit des jeunes, notamment, de locaux commerciaux pour pallier à la crise de l’emploi. L’opération 100 locaux commerciaux par commune, pourtant décidée par le président de la République en 2006, n’a toujours pas connu de réalisation concrète dans les wilayas de Béjaïa, Bouira et Tizi-Ouzou, conformément au décret exécutif 06-366, du 19 octobre 2006, portant sur les modalités et les conditions d’octroi desdits locaux à usage commercial et artisanal au profit des bénéficiaires. Eparpillés au petit bonheur la chance, selon la disponibilité des poches foncières, lesquelles ne sont pas toujours adaptées aux besoins des jeunes, ils souvent isolés des agglomérations et ne disposant, de surcroît, d’aucune commodité permettant leur fonctionnalité ni sanitaires, ni eau, ni électricité. En d’autres termes, on a privilégié la formalité à l’utilité fonctionnelle de ces bâtisses (lire les articles de nos bureaux, ci-après), elles reflètent la réalité amère de cet acquis précieux octroyé à la jeunesse. De plus, le manque de coordination intersectorielle, pourtant bien définie par ledit décret, instaure la cacophonie entre la DUC, la DEJ et la DLEP, l’une se déchargeant sur l’autre pour plusieurs motifs qui ne concernent en rien les bénéficiaires, qui ne demandent qu’à travailler dans des conditions correctes. Certes, ces locaux, distribués dans le cadre des dispositifs pilotés par l’ANSEJ, l’ANEM et la CNAC, ne sont toujours pas, dans la plupart des cas, utilisables, à cause d’une foultitude de défaillances, tant administratives que techniques. Lorsque, comme c’est le cas, des milliards versés par l’Etat, sont dilapidés à tort et à travers par certaines structures décentralisées de ce même Etat, pour qu’au bout du compte on se retrouve avec des locaux inutilisables, on pourra, dés lors, parler, sans crainte de se tromper, de gabegie, d’improvisation, voire de bricolage coûteux. 

Sadek A.H.