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Erreurs médicales Cela a été révélé, hier, lors de la Journée de l’interne en pharmacie

Une dizaine de cas enregistrés chaque année à Tizi-Ouzou

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Chaque année, près de dix cas d’erreurs médicales sont déclarés au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou. C’est ce qui ressort d’une communication sur le sujet, présentée, hier, au niveau du centre hospitalo-universitaire Nedir Mohamed de Tizi-Ouzou, à l’occasion de la 6ème édition de la journée de l’interne en pharmacie. Une communication où l’on a mis en avant le vide juridique pour gérer ces cas de figure. Il est, en effet, difficile de déterminer les responsabilités de celui qui a commis une erreur médicale ou médicamenteuse en l’absence de définition de ces dernières dans les textes juridiques. C’est ce qu’a souligné un résident en pharmacie, hier, au CHU de Tizi-Ouzou, lors de la 6ème journée de l’interne en pharmacie. Fodil Ali, se basant sur une étude qu’il a effectuée au niveau d’un hôpital de la région, a souligné que le cadre juridique n’étant pas déterminé il est difficile de délimiter les responsabilités. Il ajoute : le tabou qui entoure l’erreur médicale et le défaut de médication, thème de sa conférence, rend d’autant plus difficile l’établissement de statistique sur l’ampleur de ces phénomènes médicaux. Si ce n’est, dira-t-il, « les quelques affaires traitées par les médias ». Néanmoins, affirme le conférencier, citant le président local de l’ordre des médecins, « près de dix (10) cas sont annuellement enregistrés au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou ». Des erreurs « sur lesquelles la commission mise en place s’attelle chaque fois à circonscrire.» Le conférencier explique par ailleurs que les erreurs de médication surviennent principalement durant l’une des étapes médicales suivant la prise en charge d’un malade. Elle peut, en effet, être « commise par le médecin traitant, lors de la prescription du traitement ou la décision thérapeutique. Comme elle peut l’être par le pharmacien dans l’analyse pharmaceutique erronée de cette même prescription, la préparation ou la délivrance du médicament ». L’erreur médicamenteuse, souligne la même source « est possible aussi lors de l’administration du  « remède » par le paramédical ou le malade lui-même. » Dans la majeure partie des cas, les erreurs sont scientifiques et techniques, pour le choix du médicament prescris, la durée du traitement ou l’association des médicaments. Des erreurs de dosages ou encore de la maladie à traiter surviennent aussi fréquemment, d’après cet étudiant. D’autres erreurs techniques sont encore soulignées. Il s’agit de l’illisibilité de l’ordonnance. Parfois, il est, en effet, très difficile de déchiffrer ce que le médecin a prescrit à son malade. Dans ce cas, les intervenants spécialistes ont suggéré lors des débats, de renvoyer l’ordonnance plutôt que de prendre le risque de tomber dans l’erreur médicamenteuse, les conséquences de celle-ci peuvent être désastreuses pour le malade. Lors des débats, l’accent a été mis sur les vendeurs et les biologistes au niveau des officines. Car pour certains, le pharmacien en chef se doit d’être présent au niveau de la pharmacie. Ceci permettra, selon les intervenants de réduire le risque d’erreur. Le débat à même été porté sur la nécessité de créer un poste de pharmacien assistant obligatoire au niveau des officines. De sont côté Fodil Ali suggère une amélioration de la relation entre le médecin et le pharmacien. Voire, la généralisation de la prescription informatisée.  Une formation du personnel pharmaceutique est aussi préconisée, souligne-t-on. La problématique des erreurs médicamenteuses ne « doit surtout pas rester un sujet tabou avec sa connotation de culpabilité et d’échec. Même si « certains acteurs, ayant commis une erreur, ont tendance à tout dissimuler de peur d’en porter la responsabilité ». Elle doit au contraire être un sujet de réflexion pour toutes les équipes soignantes », dira l’orateur. Ceci pose la question de savoir si l’on peut « parvenir à la règle des 5 B : en l’occurrence Bon moment, Bon patient, Bon médicament, Bonne dose et Bonne voie. »

             

 T. Ch.