Accueil Économie Tizi-Ouzou : Une activité à l’agonie !

Tizi-Ouzou : Une activité à l’agonie !

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Tala-Guilef, Lalla-Khedidja, Tamda agoulmine, le Pic d’Azrou N’Thour à Michelet, les cols de Tirourda qui culmine à 1700 m et celui de Tizi-N’kouilal (1600 m) ou le majestueux patrimoine archéologique des villes côtières d’Azzefoun à Tigzirt, sont autant de lieux touristiques paradisiaques dans la wilaya de Tizi-Ouzou, malheureusement laissés à l’abandon. La Kabylie qui a fêté hier, à l’image du monde entier, la journée mondiale du tourisme, espère voir son patrimoine exploité. Une occasion aussi de faire une halte pour se «remettre en cause» et tenter de sauver ce qui reste … Considérées jadis comme un trésor intarissable, les potentialités touristiques de la Kabylie, sont abandonnées et ne laissent plus jaillir la lumière sur ces régions qui regorgent de beauté naturelle. Combien sont-ils, à Tizi-Ouzou, comme partout en Kabylie, ces sites paradisiaques à la beauté magique et ensorcelante, qui, à défaut d’une véritable prise en charge et parfois faute de sécurité s’en retrouvent complément dévastés, sombrant dans l’oubli et l’abandon. Il faut dire que le contexte sécuritaire, caractérisant la région ces dernières années, a provoqué la saignée, dans le secteur du tourisme. Des sites comme Tala Guilef, le massif forestier de Yakouren, Taburt El Aïnseur sur les hauteurs d’Assi Youcef, Tamda Uguelmim et bien d’autres sites paradisiaques sont, pour des raisons d’insécurité inexploités au grand dam des amoureux de la nature, mais aussi des citoyens de la région qui, jadis, trouvaient en ces lieux une bonne rente, en raison des ressources financières que génère l’activité touristique. Ainsi, plusieurs associations, qui font de la défense de l’environnement leur raison d’être, plaident pour la réouverture de ces lieux au grand public. Une réhabilitation qui passe nécessairement par la mise en œuvre d’un plan d’aménagement et d’un programme d’investissement, pour permettre à ces sites de sortir de l’ornière. Le tourisme constitue dans ce sillage, un élément déclencheur et un déclic qui boostera le développement local dans une wilaya qui a besoin de perspectives du genre.

Un potentiel non exploité

La wilaya de Tizi-Ouzou dispose des moyens qui pouvaient lui permettre d’être une locomotive en matière de tourisme dans notre pays. En plus d’un massif forestier des plus attrayants, donnant sur la sublime région de Tikjda et constituant le prolongement du parc de Djurdjura, la Kabylie occupe par sa proximité avec les grandes capitales du sud de la Méditerranée, une position stratégique qui a fait d’elle la «petite Suisse» très prisée par les touristes étrangers. Cependant, toutes ces potentialités et cette somptueuse beauté naturelle, ne sont, malheureusement, pas exploitées de façon à rentabiliser et maximiser cette richesse. Les complexes touristiques sont presque inexistants et de nombreux sites sombrent dans l’abandon laissant le temps achever ce qui reste de cet innombrable patrimoine, à l’image de Tala Guilef dans la région de Boghni, qui a vu défiler de grandes personnalités et chefs d’Etat, mais dont la réouverture a été de nombreuses fois annoncées, en vain. Il faut dire à ce propos, que les conditions sécuritaires sont une véritable épine qui se dresse devant ce projet. Pour rappel, les deux hôtels, très connus durant les années 80 dans cette station climatique Tala Guilef, El Arz et Iguider en l’occurrence, ont été complètement incendiés, l’un en janvier 1995 et l’autre en mai 2000. Depuis, ce versant du parc national du Djurdjura est déserté même si on note une relative reprise durant ces trois dernières années. D’autres atouts touristiques, tels que l’artisanat local, bijoux traditionnels, poterie et tapisserie en particulier, le tourisme de montagne dans les sublimes monts du Djurdjura, Ath Argane, l’Akfadou, entre autres, attendent justement d’être réhabilités, par une dotation en matière de budget, mais aussi d’un programme de développement qui répondra à l’exigence de redorer le blason du secteur.

Plusieurs projets attendent leur concrétisation

Du côté de la direction du tourisme de la wilaya de Tizi-Ouzou, on annonce l’inscription de plusieurs projets dans le cadre du plan quinquennal, mais qui, jusque-là attendent la concrétisation. Des sites à fort potentiel, à l’image du barrage de Taksebt, attendent la réalisation tout autour d’infrastructures à même d’offrir aux citoyens un lieu de détente. Au chapitre des projets à réaliser pour les cinq ans prochains, ladite direction compte concrétiser huit opérations, dont l’aménagement des sites autour du barrage Taksebt, 6 terrains de camping, des ZEST de montagne et de 6 ZEST (zones d’expansion touristique) balnéaires, l’étude du SDAT (schéma directeur d’aménagement) de la wilaya de Tizi-Ouzou, mais aussi la réhabilitation de la station Tala Guilef. Des projets qui attendent de sortir des tiroirs de l’administration pour enfin voir le jour.

A. Z.