S. Aït Hamouda
La détresse donne le ton à l’allégresse et s’ensuit ce qui va avec. Que certains Algériens aillent voter et d’autres pas, c’est normal, mais que tous ne soient pas d’accord d’aller mettre leur bulletin dans l’urne, pour plusieurs raisons, là se pose une question : pourquoi refusent-ils ce devoir pourtant national ? Ne savent-ils pas que le suffrage d’une présidentielle incombe d’abord au citoyen conscient et lui permet ensuite un droit de regard sur tout ce qui concerne son avenir et la marche de son pays. Il l’autorise à sortir dans la rue, à manifester sa colère, ou sa joie. Mais quel Président choisir ?
Il y a plus d’une cinquantaine de postulants déclarés mais dans cette cohue, qui méritera les suffrages du peuple ? Certainement X ou Y. Nonobstant, il y a des conditions auxquelles doit obéir tout postulant à la magistrature suprême. D’abord, avoir le sens de la patrie, le sens de la justice, le sens de la sécurité, de l’économie, du social, du culturel et d’autres choses encore. Il doit tout connaître, la géostratégie, la place de l’Algérie dans le monde, la prospective, voir venir et se mettre au diapason des meilleurs de cette mappemonde qui souffre, qui geint, qui crie famine, qui se suralimente à l’excès, qui se saucissonne par la volonté d’autres puissances.
Le futur Président doit comprendre ce qui se fait et se défait à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. Le futur Président doit savoir jouer aux échecs et lorsqu’on lui fourgue des nouvelles qui n’ont rien de vrai, il saura répondre par la vérité et avoir assez de pions et de pièces pour mettre en échec et mat le plus sagace des joueurs. On n’est pas encore là, mais ça demande à réfléchir pour le moment, comme si on y était dans le vote, comme si celui-ci aura vraiment lieu.
S. A. H.

