Accueil Enquête Le DAIP, une solution pour absorber la très forte demande

Le dispositif a crée 17 220 emplois « temporaires »

Le DAIP, une solution pour absorber la très forte demande

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Constituant 70 % de la population du pays, les jeunes peinent à se retrouver sur un marché de l’emploi saturé et déséquilibré. Face à une demande conséquente, l’offre ne suit pas provoquant un écart et un taux de chômage atteignant des cimes importantes.

À Tizi Ouzou, ce n’est guère l’exception qui confirme la règle. Les efforts consentis et les différents dispositifs mis en place n’arrivent pas à venir à bout d’un phénomène qui touche en particulier la masse juvénile. De plus, le bassin industriel, constitué autour de quelques entreprises, Eniem, Enel notamment, n’est pas en mesure d’assurer des plans de recrutement étalés dans le temps. C’est la raison pour laquelle, il est fait recours à des placements, parfois abusifs, particulièrement au niveau des administrations publiques, où on peut aisément trouver plusieurs employés dans des postes inutiles.
17220 placements de jeunes dont 5424 universitaires, ont été effectués, par le biais des différentes agences d’emploi, depuis juin 2008, par la direction de l’emploi à Tizi Ouzou dans les différentes entreprises et autres administrations publiques. Insérés pour une année renouvelable, ces jeunes ont bénéficié des trois formules de recrutement prévu par le ministère de l’Emploi. Il s’agit de trois dispositifs, le CID (contrat d’insertion des diplômés, CIP ((contrat d’insertion professionnelle) pour et CIF (contrat de formation insertion) que gère « exclusivement » la direction de l’emploi. A Tizi Ouzou, les résultats enregistrés au 31 décembre 2010,font état de 7210 placements effectué dans le cadre du CID, 6355 en CIP et 3523 jeunes insérés dans le cadre du dispositif CIF. Autre mesure instaurées dans l’optique d’endiguer le chômage, le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP).dans ce cadre, la wilaya de Tizi Ouzou a enregistré 9416 placements soit une augmentation de plus de trois postes comparativement à l’année 2009 qui a connu 6406 alors qu’en 2008, la direction de l’emploi a effectué 1266 placements. Cependant, il y a lieu de souligner que la contrainte de ces contrats est indéniablement dans leurs durées en ce sens qu’ils n’offrent pas un emploi permanent aux jeunes recrutés. En effet, concernant les jeunes intégrés dans le secteur économique, le contrat est d’une année non renouvelable mais prévoit par contre une nouvelle formule appelée le CTA (contrat de travail aidé) qui impose aux entreprises, intéressés, une contribution sur le salaire des jeunes recrutés pris en charge partiellement par l’Etat. Dans ce sens, on apprendra que 1124 CTA dont 256 initialement recrutés en CID, 463 en CIP ont été signés en 2010. concernant les diplômés insérés dans les différentes administration publiques, le contrat est d’une année renouvelable pour trois ans ( CID), deux et une année respectivement pour les CIP et CIF.

Reconduction des contrats ou l’avenir incertain

C’est l’une des pierres angulaires de la plate forme de revendication des jeunes intégrés dans les différents dispositifs d’emploi. La limitation de la durée des contrats proposés aux jeunes contraints, au bout de deux à trois ans, de retrouver de nouveau un statut de chômeurs. Une sorte de « perte de temps » puisque même l’expérience que le jeune doit, théoriquement, acquérir n’est que mirage puisque le dispositif ne prévoit guère un plan de formation pour accompagner les jeunes recrutés. C’est donc un avenir des plus incertain qui attend cette catégorie professionnelle qui, au bout d’un contrat de travail temporaire, revient à l’agence d’emploi comme chômeur. Ce cycle infernal, qui voit le jeune revenir à chaque fois solliciter les services des différentes agence d’emploi, le place, indéniable, dans un fragilité sociale et une précarité doublé à l’incertitude qui plane sur sa carrière. Depuis le lancement du dispositif du Daip, la wilaya de Tizi Ouzou a enregistré 1397 pérmanisation de jeunes passés par les différentes formules de recrutement. C’est pour dire tout le travail qui reste à faire pour satisfaire la très forte demande et alléger les souffrances des jeunes qui subissent la « précarité » et se retrouve au bout d’un moment à la recherche d’un poste. Les huit agences de l’ANEM ont justement reçu 20 530 demandes contre une offre de 4 900 offres d’emploi. Il est dans ce sillage, facile, de faire le constat du déséquilibre. Autre dispositif mis en place pour « booster » les chiffres de l’emploi. A Tizi Ouzou, se sont 154 jeunes âgés entre 16 et 20 ans qui sont insérés dans le cadre du programme dit « prime d’encouragement pour une formation ». Cette formule prévoit une bourse de 3000 dinars octroyés aux jeunes en contre partie d’une formation qualifiant des secteurs qui connaissent un déficit tel que le bâtiment et le tourisme. Une formation qui s’étale sur six mois sanctionnés par une attestation de qualification. Les agences de L’ANEM se chargeront par la suite de « caser » le jeunes » en lui offrant un contrat pré emploi. Autre statistique à retenir, celle du nombre de postes d’emploi crées dans le cadre des la création de petites et moyennes entreprise. Crées, en 2010, dans le cadre du dispositif ANSEJ, les 1300 micro entreprises ont généré 2048 emplois alors que le dispositif CNAC qui a connu la création durant la même période de 639 micro entreprises a prévu 1224 postes d’emploi. Cependant, la difficulté résident dans la « vérification » de l’impact réel de ces chiffres sur le terrain pratique. Un petit constat fait autour des entreprise crées dans le cadres de ces dispositif fait apparaître une autre réalité que celle avancée officiellement. Ces postes d’emplois annoncés sont « virtuels » et « fictifs » puisque les jeunes entrepreneurs ne suivent pas ces prévisions sur le terrain en procédant effectivement au recrutement comme prévu dans les cahiers de charges.

Omar Zeghni