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Enseignement supérieur : La contestation touche plusieurs départements et divers problèmes sont soulevés par les étudiants

Rien ne va plus à l’université de Bouira

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Depuis la reprise des cours, juste au retour des vacances hivernales, l’université de Bouira traverse un mouvement de contestation sans précédent qui touche de nombreux départements.

Ainsi, les départements de droit et sciences politiques, des sciences économiques, celui des langues et culture amazighe ou encore celui de psychologie sont paralysés par une grève des étudiants qui réclament principalement une prise en charge d’un certain nombre de préoccupations d’ordre pédagogiques. L’accès au cycle du Master aussi bien pour les étudiants issus du système LMD que du classique, l’ouverture de nouvelles branches en Master pour une dizaine de spécialités, l’organisation de concours d’accès au Magister et autre Capa…sont autant de revendications exprimées par les étudiants de plusieurs départements. Bon nombre d’entre eux, à l’image de ceux du DLCA, se plaignent aussi de la surcharge et du manque de salles de cours et d’ouvrages. Hier, la contestation s’est poursuivie au niveau du campus de Bouira où pas moins de 4 départements ont été paralysés par la grève. Au DLCA, et après l’expiration de l’ultimatum d’une semaine, accordé aux responsables de l’université pour répondre favorablement aux doléances des étudiants, ces derniers ont décidé lors d’une AG tenue ce samedi, de reconduire leur grève. En revanche, à la faculté de droit et des sciences politiques, la mobilisation est restée la même et les étudiants refusent toujours de suspendre leur grève. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, les représentants des étudiants de la faculté ont dénoncé « les manœuvres de l’administration visant à casser la grève », tout en affichant leur détermination à poursuivre leur action et ce, jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. Dans la matinée d’hier, et à l’initiative du comité autonome du département de langue et culture amazighes (DLCA), une marche a été organisée au sein même du campus pour attirer l’attention des responsables de l’université sur la situation qui y prévaut. L’action qui devait initialement concerner que les étudiants du DLCA, a vu l’adhésion de centaines d’étudiants des départements de droits et sciences politiques et des sciences économiques. La marche s’est ébranlée du département de langues et culture amazighes jusqu’au siège du rectorat où un rassemblement a été tenu par les étudiants. Sur les quelques banderoles brandies par les étudiants du DLCA, on pouvait lire « Anida-ten izerfan-nnegh » (où sont nos droits ?), « où sont vos promesses ? » ou encore « Tamazight est une langue nationale, M le directeur ». Si dans les deux premiers slogans, les étudiants restent focalisés sur des revendications purement pédagogiques, il n’en est pas le cas pour le troisième slogan. A travers celui-ci, les étudiants veulent tout particulièrement interpeller le recteur et les responsables de l’université sur  » l’exclusion de la langue amazighe du concours prévu à l’université de Bouira, et portant sur le meilleur slogan ». En effet, les conditions du concours exigent des concurrents l’usage de la langue arabe et française. Ce qui exclut implicitement tamazight du concours en question. Il utile de signaler que le département de langue et culture amazighes ne dispose pas d’un conseil scientifique ni d’une cellule LMD et encore moins du tutorat, à même d’assurer un suivi du processus pédagogique. A noter qu’une délégation des représentants des étudiants du DLCA et ceux des autres facultés en grève a été reçue par les responsables du centre et des pourparlers ont été engagés entre les deux parties. D’après l’un des représentants du comité autonome du DLCA, un certain nombre d’engagements auraient été pris par l’administration, notamment en ce qui concerne le matériel pédagogique, les ouvrages ainsi que l’encadrement. S’agissant du cas des 5 licenciés dont les étudiants réclament l’accès au Master, l’administration aurait mis en exergue la souveraineté de décision du conseil pédagogique. Enfin, pour ce qui est de ‘’l’exclusion’’ de tamazight du concours du meilleur logo, on apprend que le recteur s’est engagé à ce que l’affichage sera refait, de sorte à ce que tamazight soit incluse. Idem pour l’annonce faite sur les ondes de la radio qui sera, elle, reformulée. Le tir sera donc rectifié. Dans le même sillage, un appel au dialogue a été lancé par les responsables de l’administration à l’endroit des étudiants des autres départements, en vue de désamorcer la crise. A noter qu’à l’heure où nous rédigeons ce papier, les étudiants du DLCA étaient en pleine AG pour décider des suites à donner à leur action.

D.M.