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Tizi-Ouzou : Hier, à l’appel de l’interprofessionnelle de la fonction publique

Des milliers de travailleurs manifestent dans la rue

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Entre 3000 et 5000 travailleurs des corps communs de la fonction publique ont répondu à l’appel lancé par l’Union de wilaya UGTA de Tizi-Ouzou, en battant le pavé hier en matinée.

La marche s’est ébranlée, vers 10 h, du siège de l’UGTA à Tizi-Ouzou vers celui de la wilaya. Tout au long du parcours, les travailleurs n’ont pas cessé de crier, haut et fort, leurs malheurs. Ces corps communs (tous secteurs confondus) sont sortis pour dénoncer « la grande hogra » dont ils disent être l’objet et qui dure depuis de longues années. Les nouveaux statuts de la fonction publique ne sont pas venus apaiser les esprits. Ils ont, au contraire, selon l’avis de tous, élargi le fossé qui les séparait des autres travailleurs. « Naâya sil vatel » (Halte à la hogra), « Nous voulons un salaire décent! », « Abolition de l’article 87 bis » sont, entre autres, les slogans criés et brandis par ces centaines de travailleurs. Les banderoles soulevées par les différents secteurs en disent long sur le marasme quotidien de ces
travailleurs et résument le désarroi de tous les participants à la marche. Cette mobilisation tourne autour de plusieurs points, notamment l’abolition de l’article 87 bis de la loi 90-11, l’intégration des corps communs dans leurs secteurs respectifs, la confirmation des contractuels et des vacataires, l’intégration des infirmiers brevetés,l’augmentation substantielle des salaires des corps communs et l’alignement du régime indemnitaire des corps communs aux corps spécifiques. Des prises de parole des représentants de chaque secteur de l’interprofessionnelle de la fonction publique eurent lieu. Ils n’ont pas manqué de fustiger les élus locaux, à tous les niveaux. “ Nous avons voté pour eux et aujourd’hui ils trahissent la confiance du peuple”. Pour M. Limani, membre de UGTA, “une action similaire est en train de mûrir au niveau de chaque wilaya. Nous ne baisserons pas les bras jusqu’à satisfaction totale de nos revendications”. Ahcène Chérifi, de Union locale de Draâ Ben Khedda, dira pour sa part : “Vous voyez aujourd’hui que l’ UGTA est toujours forte dans la mobilisation massive des travailleurs de tous les corps qui se sentent lésés. Nous comptons faire d’autres actions dans les prochains jours et nous y inviterons les secteurs économiques !”. Le coordinateur de l’UGTA au niveau de l’université Mouloud Mammeri, Mohamed Semmane, estime qu’“il y a de nombreuses situations à régler, notamment celles relatives aux informaticiens, ceux titulaires du DEUA non régularisés. Tous ces travailleurs, n’ont pas de statuts. M. Hassan Hammoutène, de la SETE – Education, estime lui : “Nous avons appelé à la marche d’aujourd’hui tous les corps communs de la fonction publique. Le pouvoir en place a négligé et a humilié cette catégorie de travailleurs, pourtant indispensable au bon fonctionnement du secteur. Avec une inflation galopante, un pouvoir d’achat réduit à néant, ces travailleurs sont dans une situation sans pareille. Nous pensons organiser un sit-in à la centrale syndicale à Alger. Nous nous rendrons au Ministère du travail pour crier ce qui nous torture. Au 3e millénaire, nous en sommes toujours avec des contrats déterminés!” Il est à préciser qu’une délégation d’une dizaine de membres a été reçue par le wali. Une déclaration contenant les revendications des corps communs lui a été remise. Les marcheurs se sont dispersés dans le calme. Vers 13 h 30, les organisateurs de cette démonstration de force ont invité les journalistes pour un point de presse au siège de l’Union de wilaya. A l’ouverture de la conférence, M. Limani Kamel, est revenu sur la marche en disant : “C’est une marche qui a regroupé environ 10 000 travailleurs. Les travailleurs de tous les secteurs sont conscients et la marche d’aujourd’hui en est la preuve. Une marche qui a aussi montrer leur détermination à aller jusqu’au bout pour arracher leurs droits. Aucun secteur n’est épargné. Et devant cette situation de déni et de hogra, l’UGTA ne peut se déroger à la règle, elle accompagnera ces travailleurs malheureux. C’est un devoir, d’autant plus que tous les secteurs convergent vers ces mêmes revendications. L’autre volet abordé est le statut de chaque secteur, notamment celui des corps communs qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts !”. Le représentant des travailleurs de l’université quant à lui, dira que l’idée de l’abrogation de l’article 87 bis est partie de Tizi-Ouzou et que ce même article était imposé par le FMI en 1994 et d’ajouter : “Nous doutons de la bonne foi du gouvernement. Nous voulons un retour à la définition universelle du SMIG“. Les conférenciers insistent sur le fait que la marche d’aujourd’hui est faite sans arrière pensée, sans rapport avec les échéances électorales qui approchent, répondant à une question posée relative justement à l’approche de la campagne électorale. Les syndicalistes ont conclu leur point de presse par : “L’UGTA existe et existera toujours. Et sur le plan local, nous sommes les seuls à collaborer avec les autres corps communs de l’ensemble des secteurs !”

Arous Touil