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Le livre sort aujourd’hui

Ben Bella-Kafi-Bennabi contre Abane…

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Relayées essentiellement par les réseaux sociaux, pour être reprises par la presse, des rumeurs ont « affirmé » la disparition de Ahmed Ben Bella, premier Président de l’Algérie indépendante.

Il se trouvera même des sources très proches du « défunt », un neveu de Tlemcen en l’occurrence, pour confirmer la rumeur à un quotidien national. Le bal d’informations nécrologiques, et non moins contradictoires, cessera lorsque Mahdia, la fille de Ben Bella, affirmera, le jeudi 23 à l’AFP, que son père « est à la maison et en bonne santé compte tenu de ses 95 ans ». Après ce démenti apporté par la fille de l’ancien Président, la maison d’éditions Koukou a décidé de programmer pour aujourd’hui, samedi 25 février, la sortie du livre de Belaïd Abane intitulé «Ben Bella-Kafi-Bennabi contre Abane… Les raisons occultes de la haine ». Comme son intitulé l’indique, l’œuvre en question lève le voile sur les raisons occultes de la haine que vouaient Ben Bella, Ali Kafi et Bennabi à l’architecte du Congrès de la Soummam. Ces ressentiments et agressions récurrents, qui « poursuivront Abane jusque dans sa tombe», ont forcément une explication. Quoiqu’il en soit, et se référant à des témoignages inédits et s’appuyant sur des documents, Belaïd Abane soumettra à l’appréciation du leteur les dessous de cette haine post mortem. Les trois détracteurs de Abane sont, d’emblée, mis à nu en 4ème de couverture. On y apprend que Bennabi, le père spirituel de « l’islamisme light », était, pendant la deuxième guerre mondiale, « fonctionnaire de Vichy, travailleur volontaire en Allemagne, avant de purger deux années de prison pour collaboration avec les nazis. Après le déclenchement de la révolution algérienne, alors que le pays vivait au rythme des bombardements, du Napalm, de la torture et des exécutions sommaires, celui qui deviendra le chef spirituel des islamistes « modérés » coulait des jours paisibles en Normandie en méditant sur « le phénomène coranique » ! A propos de Ali Kafi, toujours en 4ème de couverture, nous lisons : « A Ali Kafi, qui révèle de prétendues négociations secrètes avec la France pour justifier l’assassinat d’Abane et, surtout, pour se mettre au centre des événements », l’auteur rappelle que « l’ancien colonel de l’ALN n’a pas digéré son éviction du Congrès de la Soummam. Plus grave, selon les Moukhabarate égyptiennes, il aurait donné l’information qui a permis l’élimination de Zighout Youcef, tombé dans une embuscade de l’armée coloniale ». Ben Bella, celui qui nourrissait un destin nassérien à l’Algérie avec, bien sur, la bénédiction du Caire et le soutien du major Fathi Dib des moukhabarates égyptiennes, est sans aucun doute celui qui digèrait le moins la stature flamboyante de Abane. On apprend que le favori de Nasser « s’était mis à table, sans contrainte, pour « donner » tout l’organigramme de l’OS, avant de s’évader, dans des circonstances obscures, de la prison de Blida et devenir membre de la délégation extérieure de la Révolution au Caire ». Et à propos du Congrès de la Soummam, qui a valu tant d’inimitiés à Abane, on lit en 4ème de couverture : « Dib, l’officier traitant et chef des Moukhabarate, avait déconseillé à Ben Bella de participer au congrès de la Soummam, où il risquait d’être jugé pour haute trahison ». A ce propos, dans un entretien accordé à Jeune Afrique en mai 2011, l’ancien président affirme qu’il a été empêché par Abane de prendre part au congrès. Dans le même entretien, Ben Bella s’en prendra aussi à Boudiaf et à Aït Ahmed. A ses yeux, le premier n’était pas un véritable combattant. Le second n’aurait rien à voir avec l’OS (Organisation secrète), puisque, soulignait-il à Jeune Afrique, « il était plus kabyle qu’algérien ». Dans le même entretien, et rajoutant une couche de xénophobie, il parlera notamment de la cohésion du groupe de pionniers du FLN qui n’allaient pas de soi. D’autant que « parmi eux, il y’avait des kabyles », justifiait-il.

S.O.A