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Alger Lutte contre le marché informel dans la capitale

Le Grand Bazar relève du passé

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L’opération d’éradication du marché informel bat son plein à Alger. Cette opération, du reste, favorablement accueillie par les riverains, confrontés à un problème d’insalubrité publique, ne fait malheureusement pas que des heureux.

Enclenchée tôt le matin, par des policiers dont des éléments des brigades anti-émeute, l’opération qui a touché le marché d’habillement dit « le Grand Bazar », sis à la place du 1er Mai, a suscité quelques réactions chez les pseudos commerçants. Il faut, toutefois, reconnaître que les services de sécurité étaient d’une correction exemplaire, en les invitant à ramasser leurs marchandises avec l’aide de plusieurs manutentionnaires mobilisés par la commune de Sidi M’hamed. Ce lieu, très prisé par les Algérois en quête produits « made-in », a disparu totalement, sous le regard des passants. Les vendeurs, en petits groupes, se tenaient debout aux divers coins et recoins de la placette. Et si aucune tension n’était visible et que chacun se tenait tranquillement dans son coin, les commentaires allaient bon train : « Qu’on nous donne au moins du travail. On nous interdit de vendre, mais qu’allons-nous faire ? Voler ? Mendier ?», se lamentait un père de famille vivant du marché informel ajoutant que «c’est le seul travail que j’ai trouvé». Un jeune, très remonté ne mâchait pas ses mots : «On nous dit que nous sommes des trabendistes. Alors, pourquoi ceux qui activent dans le centre commercial seraient-ils, eux, en règle ? Ils n’ont ni registre du commerce, ni factures, ni ne payent d’impôts. Ils revendent des produits ramenés de Chine et de Turquie dans des cabas.» De leur coté les services de sécurité donnaient cette nette impression d’aller jusqu’au bout de leur mission, avec évidement une feuille de route qui n’est pas prête d’être amendée.

L’UGCAA appelle à l’ouverture de nouveaux espaces commerciaux

Si les services de l’APC travaillent en coordination avec les policiers, il n’en demeure pas moins que l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) appelle, quant à elle, à hâter la réalisation du réseau national de distribution et l’ouverture de nouveaux espaces commerciaux. La commission nationale de l’UGCAA a proposé lors d’une conférence de sensibilisation sur les mesures relatives à l’élimination des marchés informels, d’accélérer la réalisation du réseau national de distribution et l’ouverture de nouveaux espaces commerciaux. Tout comme elle n’a pas manqué de saluer les mesures prises par les ministères du commerce et de l’intérieur et les efforts des services de la sûreté pour venir à bout des marchés informels et protéger, ainsi, l’économie nationale, réitérant leur appui à la création d’une entreprise publique de gestion des marchés ainsi que la création d’un Conseil national de la concurrence et l’entreprise publique de distribution par les services du ministère du Commerce. Pas de répit donc pour le marché informel et le commerce illégal, qui à proliféré depuis quelques décennies dans l’impunité totale, au su et au vu de tous. Ce programme, pour rappel, entre dans le cadre des mesures d’assainissement des marchés et de protection des consommateurs. Il figure parmi les priorités du ministère du Commerce. Cependant, les conditions de travail des agents chargés d’assurer les opérations sont très difficiles. Les brigades de contrôle font face à d’énormes difficultés. Les contrôleurs sont parfois carrément agressés par les commerçants. Ces derniers, d’ailleurs, n’avaient pas trouvé mieux à faire que de baisser les rideaux durant le mois d’août, sous prétexte de « congés » pour échapper au contrôle. Les marchés informels d’El Hamiz, de Bab El Oued et de Bab Ezzouar sont des exemples édifiants au niveau de la capitale.

Ferhat Zafane