Accueil Évènement Miss Kabylie discrédité par les scandales

Lâché par son promoteur moral, rejeté des opérateurs et indésirable dans les établissements de Tizi-Ouzou

Miss Kabylie discrédité par les scandales

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Le concours est à sa huitième édition cette année. Logiquement un tel challenge qui boucle sa huitième année d’existence se devait de gagner autant en notoriété et en prestige.

Mais force est de constater que ce n’est pas du tout le cas pour ne pas dire plus. Sa réputation est en effet sérieusement éclaboussée par les sorties de plusieurs Miss élues qui ont dénoncé les arnaques et manigances des promoteurs du concours. L’une d’elle, Siham Boulila, Miss Kabylie 2009 avait pour rappel dénoncé sans ambages, chez nos confrères d’Algérie News, les coups bas qui se trament dans les coulisses. «Je regrette infiniment d’avoir pris part au Concours de Miss Kabylie». Elle ajoutera : «Au départ, on vous accueille à bras ouverts avant de passer par des cocasseries, qui prennent au fil du temps, des tournures honteuses. Ce qui intéresse ces gens ce sont les corps des filles uniquement». Siham Boulila a confié que les organisateurs lui ont proposé d’accompagner un homme politique de la région à l’étranger, en guise du «séjour de 15 jours en France en compagnie d’une personne de mon choix», consigné dans le contrat, raconte la lauréate. «On m’a informée que les frais seront à la charge de l’APW de Tizi-Ouzou et qu’à ce titre, je devrais me renseigner auprès d’une personnalité». Elle poursuivra : «m’accueillant dans son bureau, ce responsable m’a confirmé les réservations pour deux personnes, m’annonçant toutefois que la deuxième personne qui sera du voyage ne pouvait être que lui et nulle autre». «Toute honte bue, ce personnage, qui a l’âge de mon père, m’a proposé de prendre en charge tous les frais d’hébergement et de restauration à condition d’accepter de voyager, avant qu’il ne me dévoile qu’il avait même déjà réservé la chambre», relate Siham, qui dit être allée par la suite voir Mourad Aït Ahmed. Mais ce dernier n’a rien trouvé à y redire. «C’est là que je me suis rendu compte que tout était préparé», se lamente-t-elle. Anissa Kechadi est, elle, Miss Kabylie 2011. Elle rajoute une couche au scandale : «A l’issue de l’édition, les organisateurs principaux font fi de leur responsabilité. Ils inventent des prétextes fallacieux pour ne pas honorer leur part du contrat. Par des procédés diaboliques, ces organisateurs tentent d’orchestrer des traquenards pour faire tomber des jeunes filles dans des relations suspectes avec des hommes politiques de la région et des artistes. Dans le cas où la fille refuse d’obtempérer aux propositions immorales, elle subit des menaces et des pressions. Et si elle persiste dans sa position, elle est traitée par tous les noms d’oiseaux. Sur ce point, les organisateurs excellent dans le collage des clichés. Le manager de cette édition a même osé donner les numéros de téléphone à quelques personnalités de la région qui n’ont pas hésité à leur tour de faire des avances. L’organisateur se permet même de s’immiscer dans la vie privée des candidates au titre de Miss Kabylie». Tout est d’elle. Pour rappel, la même Anissa avait été déjà deuxième dauphine en 2010, ce qui n’est pas pour sauvegarder un infime crédit au concours, au moins sur le plan de la compétition. Les organisateurs n’ont pas changé de procédé puisque même la dernière édition (2012) a été remportée par la sœur de la Miss 2006… Deux couronnes dans une même famille qui rajoutent une casserole de plus au couple promoteur du concours qui n’a, du reste, pas du tout bronché pour réagir aux graves accusations portées par les Miss précédentes et qui ont sensiblement terni l’image du challenge auquel personne ne souhaite désormais s’associer. Encore moins l’accueillir. Ainsi, on a appris que le premier promoteur moral de «l’événement», avant que les scandales n’éclatent au grand jour, à savoir la direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, s’est déclaré «n’être désormais lié ni de près, ni de loin à Miss Kabylie». La Maison de la culture qui a abrité l’évènement à plusieurs reprises se démarque aussi. «Quand on pensait naïvement que c’était sérieux, on n’a pas hésité à ouvrir nos portes pour accueillir la manifestation mais maintenant, avec tout ce qui a été déballé on ne peut plus rien partager,» explique-t-on à la direction de l’établissement. La résidence ‘’le Jardin Secret’’, réputée un lieu de haut standing familial n’accueillera pas non plus la manifestation. Face à cette vague de rejets de tout bord, y compris des sponsors, jadis nombreux à contribuer, les organisateurs décriés se sont, semble-t-il, rabattus sur une salle des fêtes de la ville pour tenir coûte que coûte leur «concours» et justifier, avancent des mauvaises langues, la collaboration de l’APC de la ville dont Mme Feriel, organisatrice de «Miss Kabylie», est également une élue. Pour rappel, cette dernière a été exclue du FFS, parti sous lequel elle a été élue, pour avoir voté au moment de l’installation du maire, pour le candidat du RCD, contre la consigne de sa formation qui avait scellé une alliance avec le RND et le FLN pour porter le prétendant de ce dernier parti à la présidence de l’APC. De là certains voient dans le concours de l’APC comme un renvoi d’ascenseur du maire pour le couple qui a beaucoup contribué à son installation dans le poste où il se trouve aujourd’hui. Mais là c’est une autre histoire !

S. Bénédine.