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Fragiles consensus politiques

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La population abstentionniste a atteint les 70%, ce qui constitue un cinglant revers pour les partis politiques entrés en lice. Ceci est ressenti plus gravement par le binome FFS-RCD. Ce taux d’abstention les a empêché d’avoir la majorité absolue pour la gouvernance locale. Du coup, tous les partis, à l’annonce des sièges obtenus, ont affûté leurs armes pour des jeux d’alliance tout azimut, où celui stigmatisé hier, devenaient utile pour les besoins de la cause. Le FLN, RND ainsi que les indépendants, se sont vu courtisés par le FFS et le RCD, pour se partager les sièges et espérer atteindre ainsi la majorité convoitée. Au niveau des municipalités, les rapprochements en tout genre se sont réalisés et les exécutifs installés. Pratiquement le même scénario est réédité à l’APW de Tizi Ouzou, où le RCD est isolé, pendant que le FFS, le FLN, le RND, le PT ont fait bloc en faveur du parti de Hocine Aït Ahmed. Il se trouve que le consensus recherché et exécuté n’a duré que le temps d’une embellie climatique par une journée d’hiver rude. Ephémère était l’arrangement, plus politique qu’arithmétique, les assemblées commencent à sauter comme des fusibles. A Tizi Ouzou, où d’abord un retard important a été accusé pour l’installation de l’exécutif, le FLN s’est vu trahi par le FFS qui a préféré un rapprochement avec les Indépendants, le RCD et le RND ce qui est en fait une sorte d’abdication politique face à la menace brandie par le groupe des 12 (RCD, RND, Indépendants), de bloquer l’assemblée. De plus, les 45 jours requis par le code communal après le scrutin allaient être épuisés, avant de voir l’administration se constituer, ce qui a plus pénalisé le FLN sacrifié par le parti d’Aït Ahmed, aux fins de s’assurer la mairie de Tizi Ouzou. On nous apprend, à l’heure où nous mettons sous presse, que les verrous de l’exécutif commencent à sauter. Un rapport vitriolé a été établi par le premier vice-président de l’APC, un élu RND, transmis aux autorités locales, contre le directeur des services techniques de l’APC. Ce dernier riposte à son tour, et saisi le wali et le chef de daïra. Cet incident a poussé le wali à ne pas approuver la délibération et l’exécutif se trouve dans un imbroglio qui risque de lui être fatal. Le maire FFS, M. Bensalem, sera forcé de revoir la composante de l’exécutif, afortiori, qu’une pression des élus du FLN est toujours présente, désapprouvant le rôle qui leur est dévolu par le maire de Tizi Ouzou. Donc, l’on s’attend dans les jours qui suivent à une évolution à risque de la cohésion de l’équipe actuelle. Aussi, au niveau des localités, hormis les APC à majorité absolue, près de 44 APC ont été contraintes aux alliances, juste pour passer le cap du délai imposé par le code communal pour l’installation de l’exécutif. Les divergences deviennent palpables lors de l’établissement de la composante et à la répartition des commissions, aucune alliance n’est bâtie sur la base d’un programme élaboré d’un commun accord. A couteaux tirés, des élus d’un même parti ou de partis différents, se livrent une guerre sans merci. L’APC de Boudjima, où le RND à une majorité relative, n’a pas eu la caution du RCD pour atteindre une majorité absolue, ou encore celle d’Illoula Oumalou, où les élus FLN et RND, ont conjointement signé une déclaration pour tirer la sonnette d’alarme et tirer à boulets rouges sur le maire FFS. Même topo, du côté d’Aïn El Hammam, sous les couleurs du RND, où les élus FFS et ceux du RCD guettent l’exécutif et le minent pour le déstabiliser, la victoire du RND à Aïn El Hammam leur est resté en travers de la gorge. A présent, un semblant de consensus caractérise plusieurs municipalités, mais rien n’augure pour ce qu’il soit durable. L’enseignement à tirer de cette élection, est que le boycott massif de la population pour le scrutin du 24 novembre, laisse penser que la classe politique a échoué, échec qui complique la tâche pour les prochaines échéances, à commencer par les sénatoriales où d’ores et déjà, le FFS est hors-course et délivre une tacite caution au candidat FLN, sans parler du rendez-vous 2007 des législatives qui verront des acteurs nouveaux, dont les chances restent intactes aux yeux des populations qui ne demandent que des changements.

Khaled Zahem