Accueil Évènement La location de voitures, l’autre marché prospère en été

Béjaïa Les émigrés constituent une potentielle clientelle

La location de voitures, l’autre marché prospère en été

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Le vendredi 1er juillet a accosté le premier bateau en provenance de France pour la présente saison estivale. Il y a eu à son bord plus de 150 véhicules qui ont ramené les quelque 700 voyageurs. Ce chiffre est insignifiant quand on sait que ces ressortissants algériens, établis en France, qui viennent passer leurs vacances au pays avec leurs véhicules, ne sont pas tous de la wilaya de Béjaïa. Il y a, probablement, ceux des wilayas de Sétif, Mila, Bordj Bou Arreridj, M’Sila, Tizi-Ouzou et Bouira, pour ne citer que ces quelques wilayas voisines. Le nombre de touristes véhiculés a diminué suite à l’augmentation du prix de transport de véhicules. Les émigrés ont fait leurs calculs et ont opté dans leur majorité à la location de voitures auprès des agences créées, à cet effet. À partir de 2 000 dinars par jour avec une ristourne pour les locations dépassant la quinzaine de jours, un véhicule neuf est mis à la disposition de tout demandeur. Alors, quand une location d’un mois coûte quelques cinq millions de centimes, c’est-à-dire l’équivalent de 300 euros au change parallèle, aucun vacancier venu de l’étranger ne s’amusera à trimbaler son véhicule alors que pour une somme inférieure au prix du billet de son transport, il aura un moyen de locomotion à sa disposition dès son arrivée au bled. Oui, dès son arrivée, du moment qu’avec le temps, des liens sont tissés entre les loueurs et les clients au point où la commande est passée par téléphone plusieurs semaines avant le jour «J». «J’ai un client permanent qui loue, à chaque séjour estival, le même véhicule. Il m’appelle de France trois à quatre semaines avant son arrivée pour confirmer la commande», dira Farouk, gérant d’une agence de location de voitures dans la station balnéaire d’Aokas. Il en est de même dans les autres localités de la wilaya y compris au chef-lieu. Ghanou, gérant d’une agence à Béjaïa-ville, confirmera cela : «J’ai ouvert mon agence en 2008 et depuis, il y a trois émigrés qui louent des voitures chez moi chaque été. Ils m’appellent un mois à l’avance pour que je les programme».

Le prix varie de 2000 à 20 000 DA pour une journée !

La location de véhicules est très prisée en été. Elle arrange les gens, notamment les vacanciers venant de l’étranger, ou encore les organisateurs de fêtes de mariage qui en louent pour participer aux cortèges, ou emmener les mariés, et c’est la raison pour laquelle les prix de location augmentent sensiblement en saison estivale. De 2 000 à 20.000 dinars, les prix varient selon la marque, le nombre de jours de location et bien sûr la période des fortes demandes et de basse saison, comme c’est le cas pour les hôtels balnéaires. De la marutti à la limousine, en passant pat l’accent de Hyundai ou la symbol et la mégane de Renault, tous les modèles de véhicules peuvent être loués auprès des agences. Près de trois mille véhicules légers sont détenus par un demi-millier d’agences implantées au niveau de la wilaya. Malgré les conditions drastiques imposées par les gérants de ces agences, il y a un engouement sans précédent en cette période de l’année. Outre la caution de deux millions de centimes et le dépôt du passeport ou de la carte d’identité nationale, il est exigé du client de dépasser les 25 ans d’âge et la possession d’un permis de conduire de deux ans au minimum. Qu’est-ce qui fait que les gens préfèrent se rabattre sur les véhicules de location plutôt que d’utiliser les autres moyens de locomotion ? Pour les algériens résidant en France notamment, il est plus économique de louer un véhicule au bled que de ramener son propre véhicule de France. Outre cette catégorie de clients, il y a aussi ceux qui le font pour être parmi ceux qui seront présents au cortège nuptial d’un parent ou d’un ami. Il y a une autre catégorie de clients qui utilisent ces véhicules de location pour en faire un commerce informel. Effectivement, certains louent les petites voitures qui reviennent moins chers, notamment en hiver comme c’est le cas pour les Marutti ou encore les Atos dont la location ne dépasse pas les mille dinars par jour, pour une longue période pour mettre la casquette de  » chauffeur de taxi-clandestin  » et travailler la nuit pour transporter les clients et clientes des discothèques. «En une nuit, j’arrive à faire parfois jusqu’à cinq mille dinars de bénéfice net», avouera un jeune néo-clandestin. Cette nouvelle activité de location de voitures est non seulement florissante pour les gérants des agences mais aussi pour certains de leurs clients qui se transforment en «clandestins». Une activité qui a des jours meilleurs devant elle tant que le secteur des transports n’est pas pris en charge sérieusement. La fonction de chauffeur de taxi doit être valorisée et les moyens de transport en commun, de jour comme de nuit, doivent être développés.

A. Gana