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Seddouk

La commémoration sur fond de crise entre l’ONM et l’ONEC

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La guerre qui n’a pas sa raison d’être que se livrent, dans la commune de Seddouk, les deux organisations de masse de la famille révolutionnaire, l’ONM et l’ONEC en l’occurrence, n’est pas sans conséquences du fait que la fête de l’indépendance et de la jeunesse célébrée le 5 juillet passé n’a drainé qu’une poignée de personnes. Une fête célébrée d’habitude en tripartie entre l’APC-ONM-ONEC qui, cette fois-ci, a été organisée en solo par l’APC, suivant les affiches collées un peu partout à l’intention des citoyens. Une fête qui s’est limitée à la levée des couleurs et au dépôt d’une gerbe de fleurs au cimetière des Chouhada. C’est le responsable de l’ONEC qui a dirigé la cérémonie. Revenons donc à ces conflits qui opposent ces deux organisations du FLN. La première affaire remonte au mois d’octobre passé quand un représentant de l’ONM de Seddouk a été informé des ossements déterrés en 2009 dans l’ex-caserne militaire et déposés depuis dans le magasin du siège de l’APC de Seddouk. Le représentant de l’ONM a saisi le chef de daïra qui a convoqué une réunion d’urgence à laquelle ont pris part le chef de la sûreté urbaine, le P/APC, les représentants de l’ONM, de l’ONEC et de la Protection civile, de l’Imam et de quelques personnes anonymes. Après un long débat sur ces ossements n’ont identifiés, les membres présents ont décidé d’un commun accord qu’ils soient enterrés dans le cimetière civil de la ville de Seddouk. L’ONEC a même fait une déclaration publique à l’intention des autorités locales, de la population et des élus locaux leur demandant leur soutien dans sa décision d’interdire l’enterrement de ces ossements dans le cimetière des Chouhada. Mais jusque là rien n’est fait pour ces ossements. La deuxième affaire concerne les baptisations. Une commission des baptisations a été créée par l’APC de Seddouk donnant la présidence à un vice-président. Elle est composée des représentants de l’ONEC, l’ONM et des autorités locales. Elle a siégé deux fois pour donner des orientations aux représentants de la famille révolutionnaire sur le recensement des Chouhada de la commune et l’établissement de la liste des Chouhada à baptiser. L’ONEC a pris les choses en mains en ce qui la concerne, en mobilisant les membres de son conseil qui ont travaillé sans relâche sur l’établissement de la liste des Chouhada à baptiser. Il ne lui restait qu’à la remettre à la commission. Le hic est qu’à la troisième réunion de la commission des baptisation, le même représentant de l’ONM n’aurait dit-on pas trouvé mieux que de déclarer que seul l’ONM est habilitée à mener l’opération des baptisations, excluant ainsi l’ONEC. Résultat : ce conflit a créé un retard incommensurable dans les baptisations de la ville de Seddouk, une ville où même les plaques de baptisations datant des premières années de l’indépendance ont été arrachées lors des reconstructions des maisons. Même le cimetière des Chouhada est dans un état lamentable avec des allées non bétonnées ou bitumées, le passage menant au carré des martyrs est revêtu d’un carrelage datant des années 70, les tombes sont enfumées de crasse et méritent d’être repeintes. Le mémorandum portant les noms des Chouhada de la commune de Seddouk est inexistant. L’APC a déclaré il y a deux ans qu’elle a adressé à la wilaya une fiche technique dont le montant avoisine un milliard de centimes pour un projet de modernisation du cimetière des Chouhada. Mais le projet n’est toujours pas retenu.

L. Beddar