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Tabti Moussa, conservateur des forêts de la wilaya de Tizi-Ouzou

«Notre dispositif reste insuffisant pour les périodes exceptionnelles

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Le conservateur des forêts de la wilaya de Tizi-Ouzou avoue que le dispositif dont dispose sa direction demeure insuffisant pour faire face aux besoins en périodes d’exception. «Il est juste suffisant pour les journées ordinaires», affirme-t-il.

La Dépêche de Kabylie : Pourriez-vous nous donner un aperçu sur la couverture végétale au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou ?
M. Tabti Moussa : La wilaya de Tizi-Ouzou est constituée de 38% de forêts qui s’étendent sur une superficie de 195 000 hectares dont 112 000 hectares de végétation ligneuse, composée de forêts, maquis, matorrals. Les forêts s’étendent sur 45 000 hectares composés essentiellement de chêne de liège sur 24 000 hectares, chêne zéen sur 5 000 hectares et 3500 hectares de chêne afares. On trouve aussi un peu de résine et de cèdre au niveau de la montagne du Djurdjura. Le reste c’est des maquis et des matorrals.

Quelles sont les dispositions prises pour éviter les feux de forêts ?
Cette année, comme chaque année, il y a toute une organisation qui est mise en place depuis le 1er juin et qui s’étalera jusqu’à fin octobre. Nous recevons les fonds nécessaires pour recruter des ouvriers, nous avons des brigades d’intervention, pratiquement toute l’administration forestière fait une mutation. Nous donnons la priorité à la vulgarisation, à la surveillance et à la lutte contre les feux de forêts. Nous avons un programme de recrutement de 72 ouvriers pour aider dans la surveillance et la lutte.

Quels sont les moyens dont vous disposez pour la lutte ?
Nous avons neuf véhicules au niveau de la wilaya, spécialisés dans la première lutte, ainsi que 15 autres véhicules d’appui sans citernes, ils sont là pour le ravitaillement et la surveillance. Ce dispositif est juste suffisant dans les journées ordinaires, mais il reste insuffisant pour les périodes exceptionnelles.

Et l’été a toujours constitué une période d’exception où l’on enregistre de nombreux incendies…
Tout à fait. Et franchement, nous ne nous attendions pas à démarrer le programme aussi tôt. Mais malheureusement c’est fait. Pas loin que le week-end de l’Aïd, pour la seule journée de vendredi, nous avons enregistré 12 incendies sur une superficie de 55 hectares, au niveau des communes d’Azeffoun, Iflissen, Tigzirt, Draâ El-Mizan et Aït Aissa Mimoun. Il a fait très chaud, il y avait un vent de sud, et des gens malveillants en ont profité pour incendier.

Qu’en est-il des projets de forêts récréatives ?
Il y a plusieurs projets de forêts récréatives qui sont à l’étude. Une au niveau de Tizi-Ouzou (Harouza) dont l’étude est terminée, à Azazga, elles sont au nombre de deux non encore lancées, et une autre à Yakouren lancée mais pas encore terminée. Ce sont les APC qui conduisent ces études.

Un mot pour conclure…
Je dirai que les incendies ce n’est pas naturel, c’est rare quand ça l’est. Le facteur humain est la principale cause de ces incendies. La campagne a démarré et j’espère que les médias joueront leur rôle dans la sensibilisation des citoyens.

Entretien réalisé par Kamela Haddoum