Accueil Évènement «Si on ne nous livre pas d’ici octobre, y aura problème»

M. Tessa, recteur de l’université de Tizi-Ouzou, à propos des projets en cours

«Si on ne nous livre pas d’ici octobre, y aura problème»

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Pour savoir si l’université Mouloud Mammeri est prête à recevoir les 60 000 étudiants qu’elle totalise, et pour connaître l’impact qu’aura le retard des projets en cours sur la rentrée universitaire, nous avons contacté M. Tessa, recteur de l’UMMTO, qui répond aux questions.

La Dépêche de Kabylie : La rentrée universitaire est prévue dans quelques jours seulement. Votre université est-elle prête à recevoir ses 60 000 étudiants ?
M. Tessa : Il faut déjà annoncer que l’examen de rattrapage concernant les étudiants de la faculté des sciences humaines est terminé. Cela est déjà une bonne chose pour nous. Nous enregistrons une certaine pression au niveau des facultés des sciences économiques et des lettres. Là nous comptons sur tout le monde pour aller de l’avant. Maintenant, si on nous livre les 4 300 places pédagogiques dans les dates prévues, à savoir au moins vers le mois d’octobre, je peux vous assurer que nous ferons une rentrée correcte. Pour ce qui est des résidences, nous avons prévu une réunion avec l’ensemble des directeurs des œuvres universitaires pour le 1er septembre. Les DOU ont tous étaient contactés par nos soins. Nous allons leur demander de réunir toutes les conditions que ce soit le transport, l’hébergement ou la restauration. Ces éléments sont indispensables pour réussir une rentrée normale. De toutes les manières, je reste optimiste d’autant plus que toutes les parties sont conscientes de la noble mission qui nous attend. Je leur fais confiance et je reste à la disposition de tout le monde.

Quelle incidence aura le retard dans la livraison des 4 300 places pédagogiques et des 3 000 lits sur la prochaine rentrée universitaire ?
Les entreprises se sont engagées à le faire vers le 15 septembre, chose pratiquement trop difficile. Pour rester dans l’optimisme, je dirai début octobre. Maintenant, si les projets ne sont pas livrés à la mi-octobre, il y aura des problèmes. Il faut aussi rappeler que le mois de septembre est un mois d’examen de rattrapage. Donc, nous n’aurons pas de problème. Mais une fois l’examen de rattrapage terminé nous aurons besoin des 4 300 places pédagogiques nouvelles et des 3 000 places d’hébergement, pour éviter que des étudiants soient sans chaise et sans lit.

Les travaux de réhabilitation des cités et des résidences ne sont toujours pas lancés…
Il est exact que certaines de nos facultés et de nos résidences sont en dégradation. Leur réhabilitation est indispensable pour garantir de bonnes conditions de restauration, d’hébergement et de scolarité aux étudiants. L’attention des directeurs des œuvres universitaires sera attirée par ce genre d’opérations, très importantes pour améliorer les conditions à l’intérieur de l’université. Nous invitons aussi les élus du peuple et l’administration de wilaya à sortir sur le terrain et à faire le nécessaire pour y remédier.

Qu’en est-il de la délocalisation du département de tamazight ?
La décision de délocaliser ce département vers Tamda a été prise avant notre arrivée. Mais dès mon installation, j’ai invité par deux fois, les enseignants pour les rassurer que leur département restera à Hasnaoua. Ce département qui est un institut supérieur restera à Hasnaoua et n’ira nulle-part. Pour ce qui est du projet d’un nouveau département de tamazight à Tamda, rien n’est encore décidé. Je rassure tout le monde, étudiants et enseignants, que le département de tamazight restera à Hasnaoua.

On parle depuis plus d’une année d’une charte d’éthique, où en êtes-vous ?
Depuis mon installation, j’ai tenu deux réunions officielles avec nos partenaires. Des procès verbaux ont été signés par l’ensemble et des engagements ont été pris. Nous avons déjà commencé à travailler et à régler progressivement les problèmes posés. J’adhère totalement à cette charte pour œuvrer ensemble dans la transparence et la sérénité en vue d’élucider toutes les lacunes. Nous avons tous des devoirs et des droits. Il faut que nous contribuions tous à trouver des solutions dans le calme, car notre université est un bijou que nous devons préserver et protéger. L’enjeu est grand et il nécessite la mobilisation de toutes les parties concernées.

Nous vous laissons le soin de conclure…
Il faut savoir que notre université est la plus grande au niveau national et elle accueille des étudiants de 25 nationalités différentes. L’université Mouloud Mammeri est un centre de rayonnement culturel, économique, politique et scientifique. Nous devons à tout prix la préserver et la protéger.

Entretien réalisé par Hocine T.