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Tronçon de la pénétrante - Akbou – Port de Béjaïa

Le chantier au service minimum

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La pénétrante de Béjaïa, notamment le tronçon Akbou – Port de Béjaïa, souffre actuellement de grandes difficultés financières.

Le projet de la pénétrante autoroutière de Bejaïa n’est pas près de connaître son épilogue. Après l’inauguration, le 2 mars dernier, du tronçon s’arrêtant à Akbou, le chantier est presque à l’arrêt. La société chinoise (CRC) s’est, en effet, mise au service minimum. Raison évoquée : manque de finances, ce qui a engendré la mise au repos effective de beaucoup de travailleurs. D’ailleurs, la CRC n’a pas arrêté de réclamer son dû depuis de longs mois, précisément, selon une source proche de cette société, depuis le mois d’octobre 2016. Pis, le groupement d’entreprises sino-algérien CRCC-SAPTA n’est pas payé depuis plus de sept mois. L’indice du manque d’argent chez cette société est qu’une grande partie des travailleurs algériens recrutés aurait été libérée. La population de la vallée de la Soummam, s’est réconfortée avec l’inauguration, par le ministre des Travaux publics et des Transports, du tronçon de 42 kilomètres allant d’Akbou jusqu’à Ahnif, où se fait la jonction avec l’autoroute Est-Ouest ; mais le couac aujourd’hui est que la totalité n’est pas livrable avant 2018. L’ouverture d’un petit tronçon de 10 km, qui ira jusqu’à la localité de Takrietz, a été annoncée pour le mois de juillet prochain. Cependant, ce tronçon a besoin de couches d’enrobés supplémentaires, mais la question qui taraude les esprits est : est-ce que la CRCC sera en mesure de faire face ? Alors qu’elle est en manque de liquidités.

Faute de ressources, l’effectif des travailleurs sensiblement réduit

Sur le site, on remarquera que la cadence des travaux et l’effectif aligné laisse à désirer. Le même constat est palpable au niveau du tunnel de Sidi-Aïch, déserté par beaucoup d’ouvriers qui y effectuaient le creusement. Long d’un peu plus d’un kilomètre, ce double tunnel en bitube n’a pas encore atteint vitesse de croisière. Le creusement se fait à faible cadence. À noter que le projet comprend 61 ouvrages d’art. Depuis l’année 2016, les problèmes financiers ont été un frein pour la bonne marche des travaux. Pour rappel, cet état de fait s’est manifesté, en décembre 2016, lorsque les sous-traitants ont observé une grève pour dénoncer leurs impayés. Le même mois, des ouvriers chinois ont exposé le même problème. En outre, ce projet a accusé d’innombrables arrêts à cause, notamment, de l’opposition de propriétaires terriens et de contraintes liées au déplacement des réseaux du gaz, d’électricité et d’assainissement. Cela dit, le taux d’avancement pour ce qui reste du chantier, pour le tronçon Akbou – port de Béjaïa est faible, même si la DTP qui a désigné un chargé du projet de la pénétrante, veille au grain. La pénétrante de Béjaïa est conçue pour relier l’Autoroute Est-Ouest à plusieurs villes côtières de la région. Annoncée en 2005 Elle prend son départ au niveau de l’autoroute Est-Ouest depuis la sortie n°24 dans la commune d’Ahnif et aboutie à Béjaïa à travers la vallée de la Soummam. Cette autoroute, longue de 100 km traverse la wilaya de Béjaïa du sud-ouest au nord-est. Le projet a été attribué en gré à gré au groupement sino-algérien CRCC et SAPTA en Avril 2013, pour un montant de 1,5 milliards de dollars. La réalisation d’une pénétrante entre la ville de Béjaïa et l’Autoroute Est-Ouest, induira des avantages certains pour l’ensemble de la région, dont les plus importants sont :l’amélioration des conditions de déplacement, gain de temps, désengorgement des axes actuels, notamment la RN 26 et la RN 12, diminution du nombre d’accidents, fixation des populations rurales et désenclavement des zones traversées ; et enfin le développement des activités industrielles, agricoles, artisanales et touristiques de la région.

T Mustapha.