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Le Point du Jeudi

Jean-Marie Le Pen, le tortionnaire de la bataille d’Alger

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Par Sadak Aït Hamouda
Jean-Marie Le Pen a déposé un livre consacré à ses mémoires qui paraîtra au mois de mars. De quoi s’agit-il ? Pas de mea culpa à délivrer, ni de remords, ni de regrets, rien de tout ça. Il bombe le torse, comme à son habitude, de rancœur, de haine qu’il éprouve envers tous les Algériens. «Fils de la nation» est titre du premier tome, à paraître aux éditions Miller, dévoilé en exclusivité par le journal Le Parisien. Ce monsieur, dans la partie réservée à la colonisation, nie qu’il y a eu torture en Algérie : «On a parlé de torture. On a flétri ceux qui l’avaient pratiquée. Il serait bon de définir le mot. Qu’est-ce que la torture ? Où commence-t-elle ? Où finit-elle ? Tordre un bras, est-ce torturer ? Et mettre la tête dans un seau d’eau (…) Oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possible» (sic). Il ne s’embarrasse pas d’épithètes doucereux, ni de formulations bien enveloppées, un éléphant dans un magasin de porcelaine, il reprend les termes de ses responsables d’alors, pour justifier l’injustifiable et pour rendre humain l’inhumain. C’étaient les ordres et en bon soldat il fallait les exécuter, un point c’est tout. Questionnez Louisette Ighilahriz, Djamila Boupacha, sur ce qu’elles ont subi et ceux qui les ont torturées. Posez la question à bien des militants et militantes détenus dans les différents lieux de détention à Alger et ailleurs. Ils vous répondront : «Nous avons été traités comme des animaux». Par quel instrument Le Pen a-t-il fait du bien aux Algériens, en les accablant de sévices avilissants. Il les a tous utilisés. Tous pratiqués. Tous testés. Il s’avère que la torture, qui a été systématisée durant la guerre d’Algérie, n’a pas été celle qu’on croyait. Le Pen a été un bon samaritain qui recevait les ordres de ses supérieurs et les appliquait. Quant aux Algériens, ils se souviendront, tant que durera la vie, de Le Pen et des tortures qu’il leur a fait subir…

S. A. H.