Accueil Évènement Un retard de cinq ans qui dure encore

Oued Ghir Projet de l’hôpital psychiatrique

Un retard de cinq ans qui dure encore

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Avec une moyenne de 200 malades reçus par mois, le service des urgences psychiatriques de l’hôpital Frantz Fanon de Béjaïa, le seul dans la wilaya assurant une prise en charge psychiatrique des patients aux prises avec des troubles mentaux, est tout le temps saturé. C’est ce qu’indique la direction de cette structure sanitaire rattachée au centre hospitalo-universitaire de Béjaïa. «Les services des urgences psychiatriques de l’hôpital Frantz Fanon reçoivent une moyenne de 200 patients par mois, ce qui est énorme. Dans l’année, ces mêmes urgences prennent en charge quelques 2 400 malades mentaux», a affirmé la même source. «Le nombre de lits disponibles au niveau de ce service psychiatrique est de 26, dont 18 pour hommes et 8 pour femmes. Cette capacité en lits est largement insuffisante pour répondre à la demande croissante d’hospitalisation de cette catégorie de malades,» explique-t-on encore à la direction de l’établissement. En outre, «le personnel médical exerçant dans ce service de psychiatrie d’urgence est composé de quatre maîtres assistants, amplement en deçà des besoins exprimés pour une prise en charge efficace des patients,» estime-t-on. «Les consultations en psychologie dépassent, quant à elle, les 5000 annuellement,» ajoute notre interlocuteur. Par ailleurs, et dans l’attente de la mise en service de l’hôpital psychiatrique de 120 lits d’Oued Ghir, en cours d’achèvement, les malades mentaux de la wilaya de Béjaïa, qui nécessitent un placement administratif dans un centre spécialisé, sont transférés au niveau de l’Établissement hospitalier spécialisé d’Oued Aïssi, à Tizi-Ouzou. Pour rappel, les travaux de réalisation de l’hôpital psychiatrique d’Oued Ghir ont été lancés en 2011 pour un montant financier initial de 1 022 796 000, 00 DA. Cette infrastructure sanitaire devait être livrée en 2013. Actuellement, le projet comptabilise cinq ans de retard, avec tout ce que cela a engendré comme réévaluation du budget alloué pour sa concrétisation. S’étalant sur une superficie de 4 hectares, dans la commune d’Oued Ghir, sise à 10 kms du chef-lieu de wilaya, cet hôpital renferme plusieurs services, dont le service des consultations externes, la pédopsychiatrie, les services des urgences, une pharmacie, dix studios, en plus d’une vingtaine de logements de fonction. A noter que le service psychiatrique à l’EPSP d’Akbou a été rouvert, il y a plusieurs mois de ça, après le recrutement d’un médecin spécialiste en psychiatrie. «Ce service a besoin d’être renforcé en personnel et en lits d’accueil. La santé mentale doit être l’une des priorités de la direction de la santé de la wilaya de Béjaïa, avec la croissance des cas de patients souffrant de troubles mentaux et psychiques, enregistrés annuellement,» plaide la direction du service. Selon le constat du service des urgences psychiatriques de l’hôpital Frantz Fanon de Béjaïa, les difficultés d’ordre social, économique et familial, ainsi que le stress quotidien sont parmi les déclencheurs de la maladie mentale chez les cas admis à leur niveau. A cela s’ajoutent, soulignent des spécialistes en la matière, des événements douloureux, des traumatismes et le facteur héréditaire, qui tous favorisent l’apparition de troubles mentaux dans la vie d’une personne.

B. S.